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Le brief éco. Brexit : les économistes s’inquiètent de la très (trop ?) faible productivité britannique

Les économistes britanniques s’inquiètent de la productivité "sinistre" du pays. Elle est bien inférieure à son niveau d’avant la grande crise financière internationale il y a plus de dix ans.

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Des ouvriers travaillent sur un chantier à Londres(Grande-Bretagne)/
Des ouvriers travaillent sur un chantier à Londres(Grande-Bretagne)/ (CONSTRUCTION PHOTOGRAPHY/AVALON / HULTON ARCHIVE)

Après trois ans et demi de crise autour du Brexit, les députés britanniques ont approuvé, jeudi 9 janvier, le texte qui permettra au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne le 31 janvier. En attendant cette échéance, nombreux sont les économistes, outre-Manche, à s’inquiéter du niveau atteint par la productivité du Royaume. 

D’abord une définition : la "productivité", c’est la production moyenne d’un travailleur par heure. C’est le principal moteur de croissance économique d’un pays qui détermine sa santé économique et, finalement, permet à une entreprise de maintenir ou non l’emploi et de fixer les salaires. Les économistes en question s’inquiètent de ce qu’ils appellent la productivité  "sinistre" qui est désormais bien inférieure à son niveau d’avant la grande crise financière internationale il y a plus de dix ans.

Concrètement, qu’est-ce que cela donne ?

Selon le Bureau national des statistiques (l’équivalent de l’Insee en Grande-Bretagne), cette productivité a stagné sur un an au mois de septembre. Un encéphalogramme plat de quatre trimestres consécutifs, soit plus d’un an. Tous les secteurs sont touchés. Si les services stagnent, la situation est pire dans l’industrie manufacturière avec une baisse de productivité proche de 2%. Or, l’industrie manufacturière – fabrication de produits traditionnels de consommation courante – est le talon d’Achille de l’économie britannique. Et cette faiblesse endémique constatée en 2019 fait suite à une performance déjà médiocre en 2018. Face au ralentissement, les ménages font des économies, ce qui grippe la consommation. Le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre exprime lui-même des doutes sur un rebond qui, dit-il, n’est pas assuré.

Impact sur l’emploi

Paradoxe : l’emploi résiste plutôt bien. Certaines entreprises ont préféré embaucher plutôt que de se lancer dans de coûteux investissements sur lesquels il est difficile de revenir. Mais il s’agit d’emplois précaires, peu qualifiés, mal payés. Réduire les inégalités grandissantes est un véritable enjeu pour le gouvernement de Boris Johnson. Prochaine étape après l’échéance du 31 janvier : le 11 mars, avec la présentation d’un budget "post Brexit" pour relancer l’économie.  

Des ouvriers travaillent sur un chantier à Londres(Grande-Bretagne)/
Des ouvriers travaillent sur un chantier à Londres(Grande-Bretagne)/ (CONSTRUCTION PHOTOGRAPHY/AVALON / HULTON ARCHIVE)