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Le brief éco. Avec le Brexit un tiers des entreprises européennes prévoient de réduire leurs investissements

La loi sur le Brexit a été promulguée hier à Londres. Et certaines entreprises internationales commencent à perdre patience face à l’absence de progrès dans les discussions entre Londres et Bruxelles.

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Le Premier ministre britannique Theresa May accueille le président du Conseil européen, Donald Tusk, au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 25 juin 2018, avant leur réunion.
Le Premier ministre britannique Theresa May accueille le président du Conseil européen, Donald Tusk, au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 25 juin 2018, avant leur réunion. (TOLGA AKMEN / AFP)

Après plusieurs mois d’âpres débats au Parlement britannique, le texte de loi sur le Brexit a été signé par la reine Elizabeth II. L’assentiment royal est au Royaume-Uni l’ultime étape de la procédure législative. Cette loi vise à permettre au pays de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen.

Pendant ce temps, les discussions se poursuivent entre le gouvernement britannique et l'administration bruxelloise. Mais les décisions d’investissement de demain se prennent aujourd’hui, et les entreprises ne peuvent pas attendre pendant les neuf mois qui restent avant la date effective de la sortie du Royaume-Uni de l'Europe (29 mars 2019).

Investissements en berne  

Une enquête menée par la banque suisse UBS montre qu'un tiers des entreprises européennes prévoient de réduire leurs investissements. Plus d'une sur dix implantée en Grande-Bretagne envisage de se retirer complètement. Les dégâts commencent à être visibles en particulier dans l’automobile. Les investissements y ont diminué de moitié sur le premier semestre de l’année.  

Dépendance européenne  

Les constructeurs implantés au Royaume-Uni sont particulièrement dépendants du reste de l’Europe. BMW se plaint, ainsi que des groupes japonais : Toyota, Honda, Nissan, qui ont tous les trois contribué à relancer l’industrie automobile britannique ces dernières années. Cette industrie emploie aujourd’hui directement environ 162.000 personnes outre-Manche. Mais les menaces de ces groupes ne plaisent pas vraiment à certains ministres dont celui des Affaires étrangères, Boris Johnson, à qui la presse prête une expression fleurie : « Fuck business ». Inutile de traduire.  

Réels risques  

Derrière le Brexit se cache notamment la question des taxes douanières. C’est tout l’objet des négociations actuelles entre Londres et Bruxelles. Et c’est un vrai souci pour ce que l’on appelle les entreprises transnationales qui se sont développées avec la mondialisation de l’économie : des entreprises implantées dans différents pays et dont chaque usine a parfois des productions spécifiques pour la fabrication d’un produit final (les pièces détachées des voitures, les ailes d'avion pour Airbus). Le fait de remettre des frontières et des barrières commerciales casse cette chaîne de production, ce qui a un impact sur l’organisation générale, mais aussi les coûts de production et la gestion sociale. Après Donald Trump, le Brexit apparaît clairement comme un nouveau caillou dans la chaussure de la mondialisation.  

Le Premier ministre britannique Theresa May accueille le président du Conseil européen, Donald Tusk, au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 25 juin 2018, avant leur réunion.
Le Premier ministre britannique Theresa May accueille le président du Conseil européen, Donald Tusk, au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 25 juin 2018, avant leur réunion. (TOLGA AKMEN / AFP)