Le brief éco, France info

L'Allemagne favorise les industriels pour l'installation de la 5G

Tous les États se préparent à l’installation de la 5G, future génération d’internet très haut débit, mais pas au même rythme. L’Allemagne vient de prendre une décision importante qui ne plaît pas vraiment aux opérateurs téléphoniques. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Une exposition 5G lors du salon de l\'électronique grand public CES 2019, à Las Vegas, en janvier 2019. 
Une exposition 5G lors du salon de l'électronique grand public CES 2019, à Las Vegas, en janvier 2019.  (ROBYN BECK / AFP)

Pour l'installation prochaine de la 5G, Berlin vient tout simplement de faire un choix : celui de mettre à disposition des industriels une partie des fréquences qui vont être attribuées aux opérateurs téléphoniques par le biais d’enchères. Le gâteau va être partagé. L’Autorité de régulation allemande – l’équivalent de notre ARCEP en France – a tranché et l’annonce vient d’être faite au salon international de l’industrie, à Hanovre.

Plus d’autonomie et de sécurité

La 5G, c’est la nouvelle génération d’internet qui offrira un débit beaucoup plus rapide et permettra une connexion entre les hôpitaux, les industries, les infrastructures portuaires, etc. En se voyant attribuer une partie des fréquences disponibles sur le territoire allemand, les industriels vont pouvoir construire leur propre infrastructure 5G.

Cela représente plusieurs avantages. Ils ne seront pas obligés d’attendre l’offre des grands opérateurs téléphoniques et donc de dépendre du réseau national. Ils maîtriseront le calendrier des opérations et maîtriseront surtout l’intégralité de leurs données : confidentialité, sécurité, top secret.  

Les fréquences qui vont être attribuées aux groupes industriels sont autant qui échapperont aux opérateurs historiques ou traditionnels comme Deutsche Telekom ou Vodafone, pour ne citer qu’eux. Ce qui est en train de se passer en Allemagne sur ce plan est un vrai cas d’école.  

Retard français 

La France doit, elle aussi, distribuer des fréquences qui permettront le déploiement de la 5G. Mais nous ne savons toujours pas encore comment procéder. Le gouvernement va passer par un système d’enchères. Prendra-t-il exemple sur l’Allemagne en donnant la possibilité à des groupes comme PSA, Air Liquide, Engie, Saint Gobain, d’acquérir des fréquences ? L’erreur serait de reproduire ce que la France a fait dans les années 2000 pour l’installation de la 3G. L’État a considéré les opérateurs comme des vaches à lait et leur a fait payer très cher les fréquences. L’argent parti dans les caisses de l’État n’a pas été investi dans les infrastructures et on a pris beaucoup de retard sur le maillage du territoire.

La Suède a fait totalement l’inverse. Elle n’a pas pris beaucoup d’argent aux opérateurs et leur a demandé d’investir dans les infrastructures. Conséquence : dans le classement européen Digital Economy and Society Index, qui fait foi en la matière, la Suède est dans le trio de tête. La France est en toute fin de queue de peloton des pays de l’Union Européenne sur le très haut débit fixe.  

Une exposition 5G lors du salon de l\'électronique grand public CES 2019, à Las Vegas, en janvier 2019. 
Une exposition 5G lors du salon de l'électronique grand public CES 2019, à Las Vegas, en janvier 2019.  (ROBYN BECK / AFP)