Le brief éco, France info

INFO FRANCEINFO. Les opérateurs téléphoniques français ont investi 9,6 milliards d'euros en 2017, un record, selon l'Arcep

La France enregistre cependant toujours un "retard de connectivité", d'après l'Arcep : au classement européen, la France est 21e sur la couverture 4G, soit deux places de mieux qu'en 2016.

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Une antenne relais dans la Drôme le 2 janvier 2005.
Une antenne relais dans la Drôme le 2 janvier 2005. (STEPHANE MARC / MAXPPP)

Les investissements des opérateurs télephoniques ont atteint l’année dernière un montant record et il va falloir maintenant accélérer pour l'arrivée de la 5G. C’est le principal enseignement de l’enquête annuelle de l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms. Les opérateurs ont mis le paquet l’année dernière en consacrant exactement 9 milliards 600 millions d’euros pour renforcer la couverture du territoire en infrastructures fixes et mobiles. Ces dernières années, le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, avait tiré la sonnette d’alarme. Visiblement, il a été entendu. Sur un an (entre 2016 et 2017) les opérateurs ont augmenté leurs investissements de 660 millions d’euros.

Retard français

La France n’est toujours pas au top de la couverture de son territoire. L'Arcep reconnaît que le retard de connectivité de la France n’est pas encore derrière nous. Au classement européen, si la France a gagné deux places sur la couverture 4G (21ème), nous ne sommes qu’en 23ème position si l’on considère l’ensemble des réseaux ; 27ème sur le très haut débit fixe. 27... sur 28 pays européens.

Les investissements d’aujourd’hui sont les réseaux de demain et les abonnements d’après-demain

La France est partie du mauvais pied. Pour bien comprendre, prenons le cas exemplaire de la Suède qui est première du classement européen. Dans les années 2000, pour l’installation de la 3G, le gouvernement suédois a tout misé sur la couverture du territoire et a laissé les opérateurs investir sans leur demander d'argent pour acheter les fréquences. En France, on a fait tout l’inverse : on a considéré les opérateurs téléphoniques comme des vaches à lait et l’Etat leur a fait payer cher les fréquences avec des systèmes d’enchères. L’argent parti dans les fréquences (dans les caisses publiques) n’a pas été investi dans la couverture du territoire. D'autant plus problématique qu'il faut dès à présent préparer la 5G, cette technologie qui doit permettre aux Français de disposer de l’internet à très haut débit, mais surtout aux entreprises de développer les objets connectés, aux usines d'interagir entre elles. La 5G à partir de 2020, ce seront les collectivités et hôpitaux connectés, etc. Il va falloir dégager de nouvelles fréquences et si l’Etat continue à taxer, malgré les efforts des opérateurs, la France continuera à être dans les derniers de la classe en Europe. Bien plus loin que la seule téléphonie, c'est l'enjeu de la compétitivité de l'ensemble de notre économie qui est posé.

Une antenne relais dans la Drôme le 2 janvier 2005.
Une antenne relais dans la Drôme le 2 janvier 2005. (STEPHANE MARC / MAXPPP)