Espace : malgré le Brexit, le Royaume-Uni entend garder toute sa place dans le ciel européen

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Les Britanniques viennent de mettre sur orbite une quarantaine de satellites. L’objectif est notamment d’assurer leur autonomie en matière d’internet.

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Radio France
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Une fusée russe Soyouz a lancé lundi 17 décembre, 36 nouveaux satellites de l’opérateur britannique OneWeb. (IVAN TIM / RUSSIAN SPACE AGENCY ROSCOSMOS via AFP)

Depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan, en partenariat avec l’européen Arianespace, une fusée russe Soyouz a lancé lundi 17 décembre, 36 nouveaux satellites de l’opérateur britannique OneWeb. Le but est de déployer une constellation de satellites pour fournir un internet haut débit au Royaume-Uni et partout dans le monde. C’est le huitième lancement de OneWeb cette année. À terme, 650 petits satellites de ce genre composeront la constellation britannique.

Peut-on parler d’une "bataille" technologique ?

C’est une guerre stratégique que se mènent l’Europe, les États-Unis et la Chine. Le Royaume-Uni ne veut pas être en reste. Un seul exemple : le GPS américain – à la base système militaire désormais appliqué au civil, dans nos voitures, sur nos smartphones – nous permet aujourd’hui de se localiser dans une rue. La précision de la technologie européenne du concurrent Galiléo (civile, donc plus légère) permet de nous situer sur un trottoir, à cinquante centimètres près.

La voiture connectée et autonome n’est qu’un des enjeux. En arrière-plan il y a surtout l’indépendance de l’Europe, la souveraineté du renseignement et la maîtrise des nombreuses capacités qu’offre l’espace.

Rapports de force géopolitiques

C’est d'autant plus important dans le contexte géopolitique tendu que nous connaissons aujourd’hui, mais avec des rapports de force différents. Les américains aujourd’hui sont représentés par le milliardaire Elon Musk et ses lanceurs à bas coût, récupérables et moins chers que notre actuelle génération d’Ariane 5 car il dispose de sérieux avantages commerciaux : les deux tiers du carnet de commandes de sa société SpaceX sont institutionnels, assurés par les finances publiques américaines à des prix supérieurs au marché. C’est-à-dire que l’opérateur privé est financé par des fonds publics et peut donc aller casser les prix sur le marché concurrentiel privé sur la scène internationale. Cela est impossible en Europe. Certains pays européens préfèrent même lancer leurs satellites avec l’américain plutôt qu’avec Ariane !

L’Europe spatiale dépend vraiment de l’Europe politique. Un beau sujet en perspective pour la France qui prend la présidence de l'Europe pour six mois le 1er janvier prochain.

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