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Cours du pétrole : à quand une baisse du prix des carburants à la pompe ?

Le prix du pétrole repart nettement à la baisse sur le marché international. Les cours sont au plus bas depuis quatre mois. Pourtant, les automobilistes ne le constatent pas à la pompe où les prix de l’essence ont plutôt tendance à augmenter en ce moment. Comment peut-on expliquer ce paradoxe ?

Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 4 min
Une pompe à essence. (LAGAIN AURELIE / RADIO FRANCE)

Le prix du pétrole repart nettement à la baisse sur le marché international. Les cours sont au plus bas depuis quatre mois. Pourtant, les automobilistes ne le constatent pas à la pompe où les prix de l’essence ont plutôt tendance à augmenter en ce moment. Comment peut-on expliquer ce paradoxe ? 

Il existe un décalage entre les prix de marché de gros auquel le pétrole brut est acheté par les opérateurs, et le prix final, après importation et raffinage, pour en faire de l’essence. Généralement, ce décalage est de plusieurs semaines – environ trois semaines, selon la Banque de France –, le temps notamment de destocker le carburant disponible et de le remplacer par celui qui arrive à d’autres conditions de coûts. Donc, normalement, et sauf retournement majeur, la baisse des cours du pétrole aujourd’hui devrait se répercuter sur les prix à la pompe à plus ou moins brève échéance.

Ampleur de la baisse

Il y a deux références : le prix du baril en vigueur aux États-Unis (le WTI – West Texas Intermediate) et le prix de référence en Europe (le Brent de mer du Nord). Les deux se suivent de très près avec toujours une petite différence. Concrètement, le WTI américain recule de 4,6% à 71 dollars le baril, le Brent de mer du Nord perd 4% à 77 dollars le baril.

Pourquoi ce recul ? Premier élément : malgré la guerre en Ukraine et les sanctions prises par certains pays occidentaux, la Russie continue d’écouler son pétrole sur la planète, ce qui augmente les volumes disponibles, donc fait baisser les prix. Il y a aussi la Chine qui tousse et va consommer probablement moins. Mais le mouvement s’est amplifié depuis la déroute de la Silicon Valley Bank vendredi 10 mars aux États-Unis.

En quoi les problèmes du secteur bancaire ont un impact sur le prix du pétrole ?

Cette crise de liquidité, d’une banque bien spécifique liée au secteur technologique, a beau être limitée au système américain, elle n’en suscite pas moins de lourdes inquiétudes sur les répercussions possibles au niveau mondial.

Cette crise bancaire renforce, de manière justifiée ou non, la peur d’une récession, donc un possible ralentissement général, donc une moindre demande en pétrole… d’où la baisse des cours. Autant dire que cette fébrilité, entre hausse et baisse, est partie pour durer.

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