Record de chaleur en Antarctique : pourquoi le dégel du permafrost est-il un danger ?

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Il y a dix jours, des chercheurs britanniques ont publié une étude sur le dégel accéléré de ce sol, pourtant censé resté gelé en permanence.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des monticules soulevés dans le pergélisol dans l'archipel du Svalbard (Norvège). (ARTERRA / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL via GETTYIMAGES)

Nous sommes mercredi 23 mars, le tout début du printemps et des vagues de chaleur extrêmes ont été enregistrées au pôle Sud et au pôle NordEn Antarctique, au pôle Sud, ce sont des températures de plus de 40°C au-dessus de la normale qui ont été enregistrées. C'est du jamais vu en mars. Le thermomètre affichait il y a quelques jours -11°C seulement près de la station de recherche Concordia. -11°C  au lieu des -50°C habituels, et pourtant la région entre dans l’hiver austral donc les températures devraient chuter normalement.

C’est la même chose en Arctique. Au pôle Nord, un air particulièrement doux, provoqué par un cyclone se développant le long des côtes américaines, a poussé les températures à presque 30°C au-dessus des normales. Et là encore, un thermomètre qui monte. C'est très inhabituel en cette saison, car le pôle Nord se trouve actuellement en fin de sa nuit polaire. Depuis presque six mois, le soleil ne se lève pas complètement au-dessus de l’horizon, ce qui favorise le froid normalement.

Des circonstances exceptionnelles, avec en plus le réchauffement climatique 

Récemment, il y a eu un contexte particulier, avec cet air doux au pôle Nord. Au pôle Sud, c'est une masse d’air chaud venant d’Australie, qui a provoqué une rivière atmosphérique : c'est à dire qu'une grosse quantité de vapeur d’eau s’est retrouvée au-dessus de l’Antarctique provoquant cette montée des températures.  
Mais, la multiplication récente d'événements intenses (vagues de chaleur, méga-incendies, inondations) sont, pour les experts, le signe de perturbations climatiques plus globales qui, elles, sont à mettre en lien avec le réchauffement climatique.
Par ailleurs, autre motif d'inquiétude : il y a dix jours, des chercheurs britanniques ont publié une étude sur le dégel accéléré du permafrost.

Le permafrost est le sol gelé en permanence. On l’appelle aussi le pergélisol. Ces zones humides gelées tout au long de l’année, sont situées dans le nord de la Suède, en Finlande, Norvège et en Sibérie. Cette fonte du pergelisol pourrait atteindre un point de bascule plus tôt que prévu, vers 2040, alertent les chercheurs.

De plus, ces tourbières gelées, qui contiennent des végétaux en décomposition, stockent, à elles seules, près de 40 milliards de tonnes de carbone. C'est le double de ce qui est stocké dans les forêts européennes. Donc si tout ce carbone stocké dans la glace s'échappe dans l'atmosphère, cela accentuera encore le réchauffement climatique. Les records de températures actuels sont donc à prendre vraiment comme des signaux d’alarme.

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