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Quand les arbres polluent plus que les voitures

Des chercheurs de l'université de Berkeley en Californie viennent de publier une étude sur les émissions polluantes de la végétation de Los Angeles. Les jours de chaleur, elle est responsable de 25% des émissions d'aérosols de la ville.

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Los Angeles, en avril 2019
Los Angeles, en avril 2019 (FREDERIC J. BROWN / AFP)

Les arbres produisent de l’oxygène, nous apportent de la fraîcheur, mais aussi des polluants. Au moment où beaucoup de villes veulent planter des arbres pour s’adapter au changement climatique, mieux vaut bien les choisir ! Dans une étude publiée le mois dernier, des chercheurs de l’université de Berkeley en Californie, ont montré la responsabilité de la végétation de la ville de Los Angeles dans les pics de pollution.

Dans la ville, des mesures drastiques ont permis de baisser les émissions polluantes des véhicules ces vingt dernières années, comme celle de benzène, ou celles de particules fines, divisées par deux. Mais ils ne comprenaient pas pourquoi il y avait toujours des taux de polluants élévés les jours de chaleur. En effet, Los Angeles ne connaît plus ses brouillards de pollution des années 1980, sauf quand la température dépasse les 37°. La pollution à l’ozone devient alors un vrai problème. 

La végétation responsable de 25% des aérosols les jours de chaleur

Les arbres sont-ils en cause dans les pics de pollution? En partie, puisque c’est à cause d’une combinaison de facteurs. Les arbres émettent des composés organiques volatils comme les isoprènes, qui sont des sortes de petites boules de caoutchouc. Associés aux gaz des pots d’échappement et des émissions agricoles, cela forme des polluants qui irritent les yeux et les poumons des habitants les jours de chaleur. Les chercheurs ont compté que 18 millions de palmiers mexicains et de chênes étaient responsables de 25% des émissions d’aérosols dans la ville, les jours chauds. La végétation a donc une responsabilité non négligeable dans ces pics de pollution, problématique pour la santé.

Bien choisir les essences moins émettrices

Tout couper serait trop simple et plutôt contre-productif. Les arbres produisent quand même beaucoup d’oxygène, ils filtrent certains polluants, ils rafraîchissent la ville avec leur ombre et sont des abris pour les oiseaux, entre autres.

Mais les chercheurs pensent qu’il faut davantage diversifier les plantations. Ce message concerne en particulier les villes qui envisagent de se végétaliser pour s'adapter au changement climatique, voire de planter des forêts urbaines, comme à Paris ou Lille.  Des chercheurs allemands avaient déjà regardé en 2014 les essences plus ou moins émettrices. Celles à éviter pour ne pas aggraver la pollution ce sont les chênes, les platanes ou les peupliers. En revanche, mieux vaut privilégier les conifères comme les ifs, les poilus comme les hêtres ou encore le tamaris à petites fleurs. 

Los Angeles, en avril 2019
Los Angeles, en avril 2019 (FREDERIC J. BROWN / AFP)