Pourquoi sommes-nous inégaux face au froid ?

écouter (3min)

Alors que les températures hivernales s’installent, et que l’aération reste de rigueur : il faut cette année encore composer avec les frileux, qui n’ont jamais envie d’ouvrir la fenêtre. D'où cette question : pourquoi certains d’entre nous, sont-ils naturellement plus sensibles au froid ?

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une jeune femme frigorifiée. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Pourquoi certains passent-ils l’hiver peu vétus, pieds nus, quand les autres superposent les pulls ? Cela peut s’expliquer, en partie, par une mutation génétique. C’est ce qu’ont démontré des chercheurs de l’institut Karolinska en Suède, il y a quelques mois. Ces scientifiques ont demandé à 42 volontaires, des hommes âgés de 18 à 40 ans, de se baigner plusieurs fois dans une eau à 14°C, pendant 20 minutes, jusqu'à faire tomber leur température corporelle à 35,5°C. 

Après différents examens, il est apparu que les plus résistants aux froids sont ceux qui avaient des fibres musculaires à contraction plus lente, à cause de l’absence d’une protéine, l’alpha actinine 3, or c’est une mutation génétique qui est responsable de l’absence de cette protéine et donc de la contraction plus lente des muscles, qui elle permet elle, des economies d'energie pour se réchauffer.

Certaines femmes sont aussi moins sensibles au froid

Les scientifiques estiment qu’environ une personne sur six dans le monde  est porteuse de cette mutation génétique, et se retrouve donc moins frileuse que la moyenne. Cette mutation génétique est apparue semble-t-il chez les homo sapiens qui migraient de l’Afrique vers l'Europe. Leur organisme s’est génétiquement adapté, pour pouvoir supporter des températures plus froides. Cette particularité génétique touche aussi les femmes. C’est ce qu'a confirmé Evelyne Heyer, professeur en anthropologie génétique au Muséum d’histoire naturelle. Le gène qui code cette protéine est porté aussi bien par les hommes que par les femmes, il existe aussi environ 15% de femmes, moins sensibles au froid que les autres.

Il existe d'autres facteurs comme la thyroïde ou la graisse corporelle

Au-delà de la génétique, il y a d'autres facteurs physiologiques qui expliquent les différences de sensibilité aux températures. Il y a des facteurs hormonaux, qui peuvent expliquer que les hommes ont souvent plus chaud que les femmes, il y a le fonctionnement de la thyroïde, de la circulation sanguine, le pourcentage de graisse corporelle qui peut jouer un rôle d’isolant face au froid et puis, il y a le niveau d'activité physique.

Les sportifs sont moins frileux car le sport leur permet d’augmenter le métabolisme de base et  les muscles génèrent davantage de la chaleur au repos. Donc les frileux qui n’ont pas hérité du gène anti-froid, ont finalement deux solutions pour bien passer l’hiver : le bon vieux pull en laine ou la tenue de sport.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.