Pollution aux particules fines : les transports et le bois de chauffage mis en cause

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Plusieurs épisodes de pollution aux particules fines sont en cours en ce moment en France. Des chercheurs français estiment que l’on pourrait lutter efficacement contre cette pollution en agissant sur deux secteurs  : les transports et le chauffage au bois.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un tas de bois de chauffage déposé devant une maison à Limoges (Haute-Vienne). (ERIC ROGER / MAXPPP)

Les particules fines, 30 fois plus fines qu’un cheveu, peuvent être responsables de la mort prématurée d’environ 40 000 personnes en France chaque année, en raison de maladies respiratoires et cardio-vasculaire qu’elles provoquent. Des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l'Inrae se sont intéressés à cette pollution dans la région de Grenoble. Selon leur étude publiée il y a quelques jours dans la revue Environment International, on pourrait réduire de deux tiers d’ici 2030 la mortalité liée aux particules fines en réduisant d’une part de 36% la circulation automobile des particuliers, et d’autre part en remplaçant tous les chauffages au bois peu performants par des poêles à granulés modernes. Les transports et le chauffage au bois sont en effet les deux filières les plus émettrices de particules fines dans cette agglomération

Ces mesures préconisées par les chercheurs contre les particules fines supposent que l'on aide financièrement les ménages. Justement, ces chercheurs montrent que cet investissement est rentable. Pour être efficace, cette politique devrait être accompagnée d'aides financières et du développement d’infrastructures : transports en commun, pistes cyclables, etc. Mais les bénéfices sociaux et sanitaires associés à ces mesures serait supérieurs à leurs coûts, disent-ils. Rappelons qu’au niveau national, le coût associé à la pollution aux particules fines est estimé à 100 milliards d’euros par an. 

Eviter les foyers ouverts

Avec la hausse du prix du gaz, du fioul et de l'électricité, le chauffage en bois séduit de plus en plus. Sept millions de foyers français se chauffent actuellement au bois, et pour éviter les émissions de particules fines dans l'air extérieur, l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) rappelle quelques conseils sur son site internet. D’abord quand on peut éviter les cheminées à foyer ouvert, c’est mieux : un foyer ouvert ne permet que 15% de rendement. Autrement dit, 85% de l’énergie fournie par la combustion part en fumée. Les poêles à bûches et à granulés permettent eux un rendement supérieur à 70%. L'entretien, le ramonage, le tirage sont également importants. Enfin un bois de qualité bien sec, sans trop d’écorce, et éventuellement certifié par un label NF qualité permet de se chauffer plus efficacement et avec moins de fumée.

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