Océan Atlantique : des scientifiques parviennent à prélever de précieux échantillons à 8 km de profondeur

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Une carotte de 11 m de long a été prélevée dans la zone la plus profonde de l’atlantique. C’est un record. 

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une installation spécialisée dans le carrotage en mer. (GWENDAL HAMEURY / MAXPPP)

Le prélèvement s’est fait à 8km de profondeur sous l’océan, là où règnent le froid, l’obscurité, et une pression qui peut être jusqu'à 1 000 fois supérieure à celle de l'atmosphére. On parle évidemment ici d’une carotte en tant que prélèvement vertical de sédiments. Une équipe de scientifiques américains de l'université de Rhode Island, aux États-Unis, ont ainsi récemment réussi à prélever pour la première fois un échantillon du sol au fond de la fosse de Puerto Rico, l’endroit le plus profond de l'océan Atlantique.

Ils ont fait descendre jusqu’au fond de la fosse, un grand tube surplombé d’un lest qui s’est enfoncé dans le sol et qui a prélevé, un peu comme une immense seringue, les différentes couches de sédiments empilées les unes sur les autres. Ils ont ainsi remonté sur le pont du bateau une carotte cylindrique de 11m de long. C’est la carotte la plus profonde jamais prélevée dans l’Atlantique depuis la mise au point de ces techniques de forage dans les années 60.

Du temps pour étudier ces échantillons

Ce genre de prélèvement sert à comprendre les limites extrêmes de la vie sous l’eau et sous pression. Car on trouve dans ces sédiments toutes sortes de micro-organismes, des bactéries et des microbes qui arrivent à survivre et à se reproduire dans les conditions qui dépassent les connaissances actuelles. Ils arrivent à survivre en respirant un million de fois plus lentement que les microbes habituellement étudiés en laboratoire et les chercheurs ne comprennent pas comment ils se multiplient car ils n'ont pas assez d'énergie à disposition pour se diviser. En tout cas, en théorie et en l’état de nos connaissances. Ces scientifiques vont donc étudier la génétique de ces organismes étranges qui survivent dans des zones très peu explorées par l’homme jusqu’ici.

Les premiers résultats seront publiés dans deux ou trois ans, mais les chercheurs pensent que cette carotte des profondeurs va donner au moins dix ans de travail aux scientifiques, tellement son contenu est exceptionnel. Certaines parties de l’échantillon ont été d’ailleurs congelées à moins 80 degrés pour que de nouvelles analyses puissent avoir lieu avec de nouvelles techniques dans quelques années.

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