Météo : la sécheresse précoce inquiète dans plusieurs territoires en France

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Nous ne sommes qu’en avril et déjà la sécheresse se fait sentir dans plusieurs régions françaises. Dans quel état se trouvent les nappes phréatiques par rapport aux saisons passées ?

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un tracteur dans un champ touché par la sécheresse à Ohnenheim (Bas-Rhin). (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

D'apres le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national, le niveau des nappes d'eau souterraines est inférieur à la normale quasiment partout sauf sur l'île-de-France, la Normandie, la Savoie, et une partie des Pyrénées, ainsi que l’Aude et de l'Hérault. Ces zones ont bénéficié d'un peu plus de précipitations en début d’année ou sont un peu préservées par des nappes d'eau plus profondes mais partout ailleurs, les réserves d'eau sont déjà très basses pour un mois d'avril. En fait, il n'a pas plu suffisamment entre octobre et mars qui est la période la plus efficace pour recharger les nappes phréatiques.  
La situation est particulièrement préoccupante, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Vendée, en Charente-Maritime  et dans le Grand Est.

On voit mal comment la tendance pourrait s'inverser car Météo France prévoit, jusqu'en juin, des scénarios plus chauds et plus secs que les normales. De toute façon, même s'il se mettait à pleuvoir maintenant, sauf précipitations exceptionnelles, l’eau serait récupérée par la végétation et ne s'infiltrerait pas dans le sous-sol, explique l’hydrologue Emma Haziza, qui n’exclut pas une multiplication des restrictions d'eau dès le mois de mai (au lieu de juillet habituellement). Au delà des difficulté d''irrigation des terres agricoles, elle redoute aussi des incendies majeurs dans le sud de la France cet été.

>> Sécheresse : "Je crois qu'on n'a pas compris ce qui arrive devant nous", alerte une hydrologue

Un manque d'eau plus tôt dans l'année

Ces problèmes de sécheresse risquent de devenir récurrents dans les années à venir. Le changement climatique a fait apparaître de plus longues périodes sans pluies et cela fait déjà cinq ans que les hydrologues constatent un déficit des réserves d’eau souterraine dès le printemps. 

Par ailleurs, l’augmentation des températures risque également de modifier le cycle de l’eau, en favorisant l'évaporation des pluies et en en envoyant davantage de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Or la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre, et cela peut créer un cercle vicieux. D’où l’urgence d’apprendre à mieux séquestrer l’eau dans le sol dans les années à venir et cela passe, par les prairies, les forêts, la végétalisation des villes. Limiter l'artificialisation des sols leur permettra de jouer ce rôle crucial d'éponge.

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