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Le billet vert. Le Brexit rendra-t-il le Royaume-Uni plus vert ?

Les défenseurs de la nature européens vont être très attentifs à la position écologiste du Royaume-Uni une fois celui-ci sorti de l'Union européenne.

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Le Green Party, parti écologiste du Royaune-Uni sera très attentif aux décisions qui seront prises concernant la défense de la nature après la sortie de l\'Union européenne. Photo d\'illustration.
Le Green Party, parti écologiste du Royaune-Uni sera très attentif aux décisions qui seront prises concernant la défense de la nature après la sortie de l'Union européenne. Photo d'illustration. (TOLGA AKMEN / AFP)
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À partir du vendredi 31 janvier au soir, le Royaume-uni ne sera plus membre de l'Union européenne. Boris Johnson souhaite à la fois s'affranchir des règles européennes mais aussi devenir un leader en matière environnementale et climatique. Les écologistes européens demandent à voir.

Ira-t-on en Angleterre s'acheter des couverts en plastique ou des touillettes parce que ce sera interdit sur le continent européen mais pas là bas ? Techniquement voilà le genre de directives communes que Londres peut remettre en cause maintenant. 80% des règles environnementales sur la protection de l’eau, de l’air, des espèces sauvages viennent de l'Union européenne que les pays membres retranscrivent avec plus ou moins de zèle dans leurs lois. Il faudra donc point par point voir ce que le Royaume-uni va faire. Il doit aussi retranscrire de grands principes du droit européen comme le principe pollueur payeur.

De l'automobile aux pesticides

Parmi les secteurs règlementés au niveau européen pour des raisons environnementales, il y a bien sur les véhicules. On voit mal le maire de Londres autoriser les vieux diesels au pied de Big Ben après le Brexit mais si l’Europe durcit ses règles sur la pollution des voitures, le gouvernement britannique n’est plus obligé de les suivre. Et même si cela ne donne pas de bons résultats pour la pollution de l'air, il ne sera même plus poursuivi devant la Cour européenne de justice. Il peut maintenant échapper aux procédures et aux amendes. Un autre exemple : dans deux ans, l’Europe décidera de stopper ou de réautoriser le glyphosate. Le Royaume-Uni a toujours pris la défense de l’herbicide, pourtant classé comme cancérigène probable par l’OMS. Il pourra très bien continuer à s’en servir même s’il est supprimé sur le continent. Les agriculteurs européens ne manqueront pas de dénoncer la distorsion de concurrence par rapport à leurs homologues.

Pour le meilleur ou pour le pire

La société civile britannique est très scrupuleuse sur les questions environnementales. En plus, c'est aussi là qu'est né le mouvement Extinction Rebellion, qui a plusieurs fois bloqué les ponts de Londres pour appeler à faire plus pour l'environnement. Le Royaume-Uni pourrait même faire mieux que le reste de l'Europe dans certains domaines : le bien être animal, les énergies renouvelables. Mais pour le savoir, il faudra regarder avec attention ce qui va se négocier dans les prochains mois sur le volet environnemental de l'accord. Celui de Theresa May avait toute une partie consacrée à ce sujet qui reprenait les grands principes européens, les intentions du gouvernement Johnson sont plus floues. D'ailleurs, les écologistes européens sont inquiets pour les sujets où il faut partager une ressource naturelle. Quand l’Europe fixe des quotas comme pour les poissons, on le voit déjà avec les pêcheurs européens. Le secteur de l’énergie a lui aussi des quotas de pollution distribués entre les industriels. Les Britanniques ne vont pas rouvrir des centrales à charbon mais continueront-ils à jouer le jeu des échanges de quotas ou feront-ils s’effondrer aussi le système européen ? En tous cas, leur départ remet à plat les efforts climatiques de l’Europe.

Le Green Party, parti écologiste du Royaune-Uni sera très attentif aux décisions qui seront prises concernant la défense de la nature après la sortie de l\'Union européenne. Photo d\'illustration.
Le Green Party, parti écologiste du Royaune-Uni sera très attentif aux décisions qui seront prises concernant la défense de la nature après la sortie de l'Union européenne. Photo d'illustration. (TOLGA AKMEN / AFP)