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Le billet vert. La sortie du glyphosate a besoin d'être clarifiée

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Stopper l'utilisation du glyphosate ne sera pas évident. Un rapport d'une mission parlementaire veut alerter le gouvernement. Il faudra clarifier la situation d'ici le mois de juin prochain dit ce rapport.

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Radio France
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Un flacon d'herbicide contenant du glyphosate. (DENIS CHARLET / AFP)

Sortir du glyphosate c’est bien mais s’en donner les moyens c’est mieux ! Le rapport d'étape de la mission parlementaire sur le sujet doit sortir mercredi 13 novembre mais la synthèse à laquelle franceinfo a eu accès alerte le gouvernement sur la précision qu'il doit apporter notamment en matière de calendrier et d'usages. 

En effet, il faut d’urgence que le gouvernement précise aux agriculteurs ceux qui ne pourront plus utiliser de glyphosate dans un peu plus d’un an et ceux qui auront un délai supplémentaire jusqu’en 2023. Attendre le 31 décembre 2020 pour dire qui doit s’en passer le lendemain serait "inconscient", est il écrit dans le texte. Il faut que cela soit clair au plus tard en juin prochain, préconise la synthèse du rapport.

En effet, les agriculteurs ne se disent pas : tiens, et si demain j’allais planter du blé ? Cela s’organise plusieurs mois à l’avance au minimum. Cela fait pourtant déjà deux ans que l’Inra a estimé dans un rapport les filières pour lesquelles se passer de l’herbicide serait plus difficile : les vergers, les vignes en pente, le lin pour sa filière textile, et les exploitations qui évitent que leur sol soit nu entre deux cultures (agriculture de conservation), celles de plein champs pour les légumes frais et de conserves.

Un surcout estimé entre 50 et 150 euros par les filières


Sans cet herbicide bon marché comment se débarrasser des mauvaises herbes ? À la main, avec des engins mécaniques, avec d'autres produits, en changeant leur modèle d'exploitation ? Plusieurs options sont sur la table, l'Inra estimait il y a deux ans déjà qu'il existait des solutions pour 90% des filières. Les parlementaires ont auditionné leurs responsables comme les producteurs de semences, ou de céréales qui estiment par exemple que la tonne de blé pourrait coûter 10 euros de plus sans glyphosate. Il est donc urgent aussi de savoir qui aura besoin d'un accompagnement financier. Mais les parlementaires sont restés sur leur faim pour constater les progrès en cours.

Pas de chiffres pour 2018

Les parlementaires regrettent de ne pas avoir obtenu les données de 2018. "Le gouvernement n’a pas été en mesure de leur donner une répartition précise des quantités de glyphosate utilisées l'an dernier" , écrivent-ils. Les filières n'ont pas été en mesure non plus "de répondre à cette question fondamentale". Ils précisent dans leur synthèse les chiffres de vente du glyphosate par département notamment. L'herbicide est passé de 7 182 tonnes de substance active en 2010 à 8 831 en 2017. Ils craignent que les usages n'aient pas diminué.

Comment savoir la réalité des efforts engagés depuis la promesse d'Emmanuel Macron sans les chiffres 2018 ? Les parlementaires proposent même de créer une base de donnée sur le sujet à travers les informations transmises par les exploitants sur le logiciel MesParcelles. Pour ne pas voir que l’on a la fièvre, il est souvent tentant de casser le thermomètre. Pour l’instant le gouvernement l’a perdu, mais cette difficulté des parlementaires à obtenir, et du gouvernment et des filières, des données précises rappelle un problème assez récurent des débats sur l'usage des pesticides en France. Alors que les gouvernements échouent à réaliser le plan "écophyto" pour réduire l'usage de produits chimiques dans les cultures, en avril dernier, le ministère de l’Agriculture n’avait pas pu communiquer lors d'une réunion avec des professionnels et des ONG la dose de pesticides utilisée à l'hectare en France (le "nodu", nombre de doses unitaires). Il y avait une panne informatique.  

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