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Le billet sciences. Les virus préhistoriques inquiètent des chercheurs

Les virus préhistoriques intéressent, voire inquiètent, de nombreux scientifiques. Un groupe de chercheurs a récemment identifié plusieurs dizaines de virus vieux de 15 000 ans. 

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Un pandoravirus vu au microscope électronique. Photo d\'illustration.
Un pandoravirus vu au microscope électronique. Photo d'illustration. (HANDOUT / IGS-CNRS)

Les chercheurs américains ont capturé, à plus de 6 000 mètres d'altitude sur le plateau tibétain, des virus piégés dans la glace depuis plus de 15 000 ans. Sur les 33 identifiés, 28 étaient jusque-là inconnus. Il s'agit de microbes provenants de plantes ou du sol, ils ne proviennent pas d'animaux ni d'être humains. Ils renferment donc des secrets sur les écosystèmes de cette époque. Pour les scientifiques, l'enjeu c'est donc de déterminer les conditions climatiques de la préhistoire mais aussi comprendre comment les bactéries et les virus évoluent avec le changement climatique.

Le réchauffement va-t-il réactiver des virus piégés dans la glace ? C'est une vraie préoccupation pour le laboratoire russe Vektor. Il a annoncé il y a quelques mois le lancement d'un projet de recherche de virus sur des animaux préhistoriques, des mammouths, des chevaux et des rongeurs retrouvés en Sibérie. L'objectif est d'évaluer les risques liées à de nouvelles épidémies.

L'inquiétude de chercheurs français

Des scientifiques français sont allés eux aussi en Sibérie à la recherche des virus préhistoriques. Ils ont découvert des virus géants âgés de 30 000 ans. Des virus qui sont plus gros que la normale, ils sont visibles au microscope optique. Il y a eu le mimivirus en 2003, puis le pithovirus et le pandoravirus en 2014, enfouis à plus de 30 mètres de profondeur. Trois familles découvertes en dix ans.

Les analyses en laboratoire ont conclu qu'il n'y avait pas de risque d'infection de cellule humaine mais les scientifiques préviennent d'autres virus pathogènes pourraient un jour réapparaître. Exemple : le virus de la variole qui pourrait toujours exister dans les profondeurs terrestres. Pour le CNRS, cela ne relève pas de la science-fiction. Les sols gelés, comme le pergélisol de Sibérie, doivent donc être selon eux préservés. 





Un pandoravirus vu au microscope électronique. Photo d\'illustration.
Un pandoravirus vu au microscope électronique. Photo d'illustration. (HANDOUT / IGS-CNRS)