Le billet vert, France info

Le billet sciences. Les effets de la pollution de l'air sur les enfants

Sera-t-il bientôt impossible de se garer devant l’école ou de laisser le moteur tourner le temps de déposer les enfants ? L’association Respire demande de piétonniser les abords d’une centaine d’écoles parisiennes, un enjeu sanitaire pour préserver la santé des petits.

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Des militants des associations Respire et Alternatiba mobilisés dans une action non violente près d\'une école, le 19 mai 2020 à Paris.
Des militants des associations Respire et Alternatiba mobilisés dans une action non violente près d'une école, le 19 mai 2020 à Paris. (NOEMIE COISSAC / HANS LUCAS)
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L’association Respire vient de publier une carte pour piétonniser les abords d’une centaine d’écoles et de crèches parisiennes. Si les parents d'élèves s'inquiètent de la sécurité routière, l'enjeu sanitaire compte aussi aujourd'hui pour préserver la santé des petits. Mais il n'y a pas que dans la capitale que cette proposition de piétonisation des écoles est débattue. Elle l'est aussi à Lyon, Marseille, Grenoble, Nantes ou Montpellier, surtout lorsque la qualité de l’air n’y est pas assez bonne pour la santé des enfants.

En fait cela revient à demander la mise en place de "rue scolaire", un concept qui existe dans plusieurs pays européens. Il s’agit de fermer à la circulation automobile les rues près des écoles, soit ponctuellement aux heures d’entrée et de sortie, voire de récréation, soit totalement. Il faut dire que les indicateurs de la qualité de l’air pour certains établissements dans les grandes villes proches des périphériques ou dans des rues en pente très empruntées ont des taux de polluants bien au-dessus des seuils réglementaires.

Les enfants plus sensibles à la pollution

De nombreuses études épidémiologiques montrent que la pollution de l’air est un facteur aggravant dans plusieurs maladies pour les adultes : allergie, asthme, cancer, diabète… Mais pour les enfants dont l’appareil respiratoire est immature, qui ventilent plus que les adultes et qui sont plus près des polluants au sol, l’exposition à une pollution de fond est une lourde hypothèque pour leur santé à l’avenir. Une étude réalisée en 2019 auprès de 14 000 enfants britanniques montrait que chaque microgramme de polluants qu’ils respirent réduit presque d’autant la capacité pulmonaire des plus petits. 

Améliorer la qualité de l'air partout dans toute la ville, c'est mieux que le faire seulement près des écoles où l'on reporterait la pollution dans d'autres rues. Une étude publiée dans The Lancet, il y a deux ans, montrait qu’il n’y avait pas eu beaucoup d’effets sur la santé des enfants qui vivaient dans la zone à faible émission de Londres. Pourtant les scientifiques appelaient à continuer à réduire encore plus les polluants dans la capitale britannique. Commencer par les écoles est une stratégie parce qu’on voit bien qu’il est déjà très dur de réduire ou de ralentir la circulation tout court. Mais cela peut avoir un effet bénéfique : une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association montrait qu’en 20 ans l’amélioration de la qualité de l’air à Los Angeles avait permis de réduire les nouveaux cas d’asthme chez les enfants de 20%.

Des militants des associations Respire et Alternatiba mobilisés dans une action non violente près d\'une école, le 19 mai 2020 à Paris.
Des militants des associations Respire et Alternatiba mobilisés dans une action non violente près d'une école, le 19 mai 2020 à Paris. (NOEMIE COISSAC / HANS LUCAS)