Gazoducs Nord Stream : pourquoi les fuites de méthane sont-elles inquiétantes ?

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Une quatrième fuite a été révélée jeudi sur ces gazoducs en mer Baltique, visés selon l'Otan par des actes de sabotage "délibérés", Moscou suspectant "l'implication" d'un Etat étranger. Mais la question environnementale se pose également aujourd'hui.

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Radio France
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Photo prise d'un avion des garde-côtes suédois montrant le rejet de gaz émanant d'une fuite sur le gazoduc Nord Stream 1, le 27 septembre 2022. (HANDOUT / SWEDISH COAST GUARD via AFP)

Une nouvelle fuite en pleine mer. Une quatrième fuite, en zone suédoise, a été a été identifiée en mer Baltique au-dessus des gazoducs Nord Stream par les gardes-côtes suédois. Elle s'ajoute aux trois déjà connues dans cette partie de la Baltique : deux du côté danois et une du côté suédois, qui provoquent d'importants bouillonnements d’eau de mer à la surface, sur des zones allant de 200 mètres à un kilomètre de diamètre. Il s'agit du gaz qui s’échappe des tuyaux.

Ces gazoducs n’étaient pas en service, mais selon différentes estimations, ils contenaient entre 150 et 300 millions de mètres cubes de gaz, essentiellement du méthane. Ces pipelines peuvent tout à fait se vider en l’espace de quelques jours, indique Antoine Rostand, le patron de Kayrros, une entreprise qui quantifie les fuites de méthane dans l’atsmophère. Problème : ce méthane a un pouvoir réchauffant 80 fois plus important que celui du CO2. 

>> Gazoducs Nord Stream 1 et 2 : quel est l'impact des fuites de méthane sur le climat ?

Cette fuite peut ainsi avoir des conséquences sur nos émissions de gaz à effet serre, selon une estimation de Greenpeace, ces fuites risquent de rajouter l’equivalent de huit mois d’émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère au Danemark.

C'est une mauvaise nouvelle. Et en même temps, c’est malheureusement une quantité à relativiser puisque ce n’est que l’équivalent d'une seule journée d'émissions de l’industrie pétrolière et gazière, en raison de fuites accidentelles lors de vidanges ou de réparations. Il y a quelques mois des scientifiques du CNRS et du CEA ont d’ailleurs identifié, depuis l’espace, 1 200 panaches de méthane qui correspondent à des fuites issues d’exploitations pétrolières ou gazières. Ces fuites ont été vues et suivies par satellite : même si le méthane est un gaz invisible, on peut en effet le repérer depuis l’espace dans certaines longueurs d’ondes, en jouant avec le rayonnement du soleil. En terme de pollution, ces fuites de l’industrie pétrolière et gazières sont comparables, chaque année, à la circulation de 20 millions de véhicules. 

Enfin, le méthane se dissout en partie dans l’eau, limitant ainsi son impact, mais tout dépend évidemment du type d’écosysteme présent : à cet endroit de la Baltique, il y a assez peu d’oxygène et peu de vie marine. Jusqu’ici, les autorités danoises et suédoises se veulent rassurantes.

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