Environnement : une étude sur plus de 1 000 espèces de fleurs montre que la moitié d’entre elles est menacée

écouter (3min)

Environ 175 000 espèces végétales (la moitié de toutes les plantes à fleurs) dépendent totalement ou en partie des pollinisateurs animaux pour se reproduire.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.

Des espèces de plantes à fleurs sont menacées de ne plus réussir à produire autant de graines à l’avenir en raison de la disparition des abeilles, papillons, bourdons, oiseaux ou chauves-souris, tous ces animaux qui transportent du pollen vers le pistil des fleurs, et qui jouent un rôle clé dans la fécondation.
Cette étude publiée dans Science Advances (site en anglais) qui porte sur 1 174 espèces de plantes venant de tous les continents montre que sans ces animaux pollinisateurs, un tiers de ces plantes ne produirait plus du tout de graines. Et que la moitié subirait une réduction de 80% de sa fertilité ou plus.

En effet, si certaines plantes arrivent à s’autoféconder ou si le vent peut jouer un rôle dans la dissémination du pollen, ces phénomènes ne suffisent pas à assurer à eux seuls la reproduction de la plupart des espèces végétales. Cette étude est la première à fournir une estimation mondiale de l’importance des pollinisateurs pour les plantes en milieu naturel. Il s’agit en fait d’une “méta-analyse” : les auteurs ont compilé les données de plus de 1 500 expériences de pollinisation menées à travers le monde. Des expériences qui comptabilisaient le nombre de graines produites par telle ou telle plante selon qu’elle était en présence de pollinisateurs ou pas.

Disparition de 75% des insectes volants en 25 ans 

Leur conclusion est sans appel : environ 175 000 espèces végétales (la moitié de toutes les plantes à fleurs) dépendent totalement ou en partie des pollinisateurs animaux pour se reproduire. Résultat :  si la moitié des plantes à fleurs décline faute de pollinisateurs, en revanche, d’autres plantes autofertiles notamment des plantes envahissantes ou des mauvaises herbes pourraient, elles, proliférer et déséquilibrer les écosystèmes. 

Les pollinisateurs peuvent être des oiseaux des chauves-souris mais surtout ce sont des insectes et pas seulement des abeilles. Il y a cinq ans, une étude menée en Allemagne avait fait beaucoup de bruit, elle constatait une disparition de 75% des insectes volants en 25 ans. Une autre étude qui date d’il y a deux ans indique qu’un tiers des espèces d’insectes dans le monde sont menacées d’extinction.

Parmi les menaces sur ces insectes, on trouve notamment l’intensification agricole, la destruction des habitats et l’usage des pesticides. L’enjeu est de taille : un tiers des produits agricoles que l’on consomme dépendent aussi des pollinisateurs et donc c’est aussi un tiers de ce qu’on trouve sur la table au petit déjeuner : café cacao, confiture, et céréales.