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De nouveaux satellites envoyés en orbite pour connecter le monde à internet

Trente-quatre nouveaux satellites de l'opérateur OneWeb doivent être lancés mardi depuis Baïkonour au Kazakhstan. À terme, ils devraient permettre de fournir de l'internet haut débit partout dans le monde.

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La fusée porteuse Soyouz et les satellites de la société britannique OneWeb, au cosmodrome de Vostochny, en Russie, le 1er juillet 2021.
La fusée porteuse Soyouz et les satellites de la société britannique OneWeb, au cosmodrome de Vostochny, en Russie, le 1er juillet 2021. (HANDOUT / RUSSIAN SPACE AGENCY ROSCOSMOS)

Lors de son entrée en fonctionnement fin 2022, ce réseau indien et britannique OneWeb devrait regrouper 650 satellites. Grâce à ce lancement, mardi 14 septembre, ils sont déjà 322 dans l'espace. Cette constellation de satellites permettra de diffuser de l'internet haut débit partout dans le monde, notamment dans les zones isolées qui ne sont pas couvertes par les opérateurs terrestres. La particularité de ces satellites OneWeb, c'est qu'ils sont déployés sur une orbite basse, à 1 200 kms d'altitude seulement – contre 36 000 kilomètres d'autres catégories satellites – ce qui permet d'avoir un temps de transmission des données très rapide, quasi instantané. On comprend alors bien l'intérêt pour l'utlisateur.

OneWeb n'est pas le seul réseau de ce genre. La concurrence commerciale est féroce, et d'autres réseaux sont en cours de déploiement, notamment celui d'Elon Musk, baptisé Starlink, qui compte déjà plus de 1 700 satellites. Il y a aussi le projet de Jeff Bezos, le patron d'Amazon, et un projet de réseau Chinois qui prévoit le lancement de 13 000 satellites.

Trop de satellites dans l'espace ?

Cela ne va-t-il pas finir par poser un problème d'encombrement dans l'espace ? Le nombre de satellites en service a déjà été multiplié par quatre en dix ans, mais pour l'instant il reste de la place. Pour reprendre une métaphore de Christophe Bonnal, expert au Centre national d'études spatiales (CNES), "la densité de satellites autour de la terre, est la même que deux canettes perdues dans la Méditerranée."

Le problème, c'est l'accélération à venir, car même si les satellites sont conçus pour s'éviter entre eux, on compte en moyenne un explosion de satellite par mois dans l'espace, notamment à cause de chocs avec des débris spatiaux de moins de 10 cm qui ne sont pas détectables, et qui font de gros dégâts à 30 000 km/h. Chaque explosion génère du coup de nouveaux débris.

De plus, il y a la question de la fin de vie de tous ces satellites. Leur durée de vie gravite autour de cinq ans. Afin de ne pas polluer l'espace, les satellites hors d'usage doivent normalement être programmés pour quitter leur orbite, se désintégrer dans l'atmosphère ou s'écraser dans des zones désertes sur terre. Malheureusement, ces recommandations internationales ne sont pas contraignantes et ne sont donc pas toujours respectées.

La fusée porteuse Soyouz et les satellites de la société britannique OneWeb, au cosmodrome de Vostochny, en Russie, le 1er juillet 2021.
La fusée porteuse Soyouz et les satellites de la société britannique OneWeb, au cosmodrome de Vostochny, en Russie, le 1er juillet 2021. (HANDOUT / RUSSIAN SPACE AGENCY ROSCOSMOS)