Le billet sciences, France info

Comment l'intelligence artificielle peut aider à mieux prévoir les crises d'épilepsie

600 000 personnes souffrent d’épilepsie en France. Elles sont même 50 millions dans le monde. 30% d'entre elles ne peuvent pas être traitées par médicaments. Des chercheurs français tente de les aider à mieux prévoir leur crise, grâce à l'intelligence artificielle.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
L\'Institut du cerveau de la moelle épinière qui étudie les mécanismes des maladies neurologiques comme l\'épilepsie, à Paris, en 2011.
L'Institut du cerveau de la moelle épinière qui étudie les mécanismes des maladies neurologiques comme l'épilepsie, à Paris, en 2011. (SILVERE GERARD / MAXPPP)

Le magazine, Sciences et Avenir est allé voir l'équipe de neurologues du centre médical de la Teppe à Tain-l’Hermitage dans la Drôme. Les médecins aidés de chercheurs en intelligence artificielle testent depuis quelques mois un patch connecté qui enregistre en temps réel la fréquence cardiaque de patients des formes les plus graves d'épilepsie, ce trouble cérébral qui provoque tremblements, spasmes, pertes de connaissance.

L’idée est d’apprendre à la machine, Detect Teppe à repérer ce qui change dans les heures où les jours qui précèdent une crise. Il existe déjà des capteurs installés sous les matelas des patients, des tee-shirts ou des montres connectées mais aucun n’est vraiment satisfaisant pour l’instant parce qu’ils ne préviennent pas assez tôt le patient qu’une crise va survenir.

L'accélération cardiaque un signe avant-coureur

L’épilepsie est une tempête cérébrale : des neurones qui s’échauffent, en se mettant à communiquer entre eux de façon ultra rapide, et qui emportent ensuite tout le cerveau. Mais les accélérations cardiaques chez les épileptiques sont aussi très marquées quelques heures avant les crises, dans 70% des cas. C’est un bon indicateur de signe avant-coureur.

Des chercheurs suisses et américains ont implantés des électrodes dans le cerveau de plusieurs centaines de patients pour les suivre de façon permanente pendant plus de dix ans. Dans leur étude publiée dans The Lancet Neurology, il y a deux mois, ils estiment qu’associer à des modèles mathématiques cela peut permettre de donner une sorte de météo cérébrale du patient. Cela peut l'aider à prévoir le risque d’orage du cerveau. 

30% des patients ne peuvent pas être traités

Soigner la maladie est possible avec la chirurgie mais cela dépend des zones touchées dans le cerveau. Les médicaments ne marchent pas sur un tiers des patients. Les crises sont imprévisibles et ne pas savoir quand elles peuvent se produire pourrit la vie de ses personnes. Pour elles il n’y a pas le choix, il faut gérer la crise, se mettre en position latérale de sécurité, attendre que ça passe et espérer bien s’en relever. Pas question d’être au volant d’une voiture ou à la piscine quand cela arrive.

C’est pour cela que l’équipe du centre médical de la Teppe espère qu’avec son patch apprenant, elle pourra ensuite développer une application prédictive pour ces patients. Avec des jours rouges où il ne vaut mieux pas sortir et des jours verts plus favorables aux activités. Un espoir immense d’autant que l’épilepsie touche 300000 jeunes de moins de 20 ans en France qui ont une longue vie devant eux à gérer cette maladie.

L\'Institut du cerveau de la moelle épinière qui étudie les mécanismes des maladies neurologiques comme l\'épilepsie, à Paris, en 2011.
L'Institut du cerveau de la moelle épinière qui étudie les mécanismes des maladies neurologiques comme l'épilepsie, à Paris, en 2011. (SILVERE GERARD / MAXPPP)