On aime tous les mêmes tableaux

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La science et l'art. Voici une découverte qui concerne notre psychologie. On aurait la même propension à aimer les mêmes oeuvres d'art, selon des recherches récentes. Il y aurait une forme d’universalité dans nos goûts.

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
"Portrait de Claude Monet (1840-1926) peignant sur son bateau-atelier à Argenteuil". "Le Bateau" en 1874. (PRINT COLLECTOR / HULTON ARCHIVE / GETTY IMAGES)


Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon, évoque aujourd'hui une découverte récente en matière d'art et de science, une découverte en psychologie. On pourrait penser que nos préférences artistiques sont subjectives. Mais non.

franceinfo : Des chercheurs montrent que nous avons tous les mêmes goûts en matière de peinture ? 

Mathilde Fontez : Pour les couleurs en tout cas, on est tous d’accord ! C’est ce que prouve une étude réalisée par des psychologues japonais. Ils ont tout simplement montré des tableaux de maîtres à des volontaires, toutes sortes de tableaux, des tableaux cubistes, des tableaux figuratifs. Et ils ont modifié leurs nuances de couleurs, ou leur agencement, avant de demander à leur public de les noter.

Et les ce sont les couleurs d’origine qui ont été préférées ?

Oui : la grande majorité des volontaires qui se sont prêtés au jeu ont préféré les assemblages de couleurs d’origine. Et ce, même s’ils ne connaissaient pas le tableau. Et quelle que soit leur culture d’origine : l’étude a été réalisée sur un échantillon de Japonais, et de Portugais.

Conclusion des chercheurs : il y a donc une forme d’universalité dans nos goûts. Et ça rejoint les conclusions d’une autre étude, assez vertigineuse, qui a été réalisée en même temps, par une équipe de l’université Caltech, en Californie : ces chercheurs ont carrément montré qu’un programme informatique est capable de prédire nos goûts en matière d’art !

C’est encore l’intelligence artificielle ?

Pas seulement l'intelligence artificielle. Les chercheurs ont fait appel à deux types de programmes : un réseau de neurones, une intelligence artificielle donc, qui s’est entraînée toute seule à trouver des critères en analysant des tableaux de maître pour les juger. Et un programme classique, c’est-à-dire dans lequel ils ont rentré des paramètres : le contraste, la saturation, la teinte. Même des caractéristiques de haut niveau qui nécessitent un jugement humain. Par exemple, le fait que la peinture soit "dynamique" ou "statique".

Comme les Japonais, ils ont mis de tout dans leur échantillon d’œuvres d’art : du Picasso, du Monet, et ils ont comparé les résultats de l’ordinateur à ceux de 1500 volontaires, recrutés pour l’occasion. Conclusion là encore : les programmes ont vu juste. Ils ont été capables de prédire les goûts des volontaires : en analysant un tableau, ils ont pu dire s’il allait être aimé, ou non.

En fait, l’art n’a rien de subjectif ?

Alors les chercheurs restent prudents. Ils ne veulent pas verser dans la caricature. Ce sont des résultats moyens, et il reste une part de subjectivité. Mais oui, ces études montrent que nous évaluons la qualité d’une œuvre d’art sur des critères bien précis, sur lesquels nous sommes tous d’accord : comme si nous avions tous été formés à nous dire : cette couleur avec cette couleur, c’est beau, ou cette structure d’images ne marche pas. L’art est universel.

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