Le billet sciences du week-end, France info

Le billet sciences. Journée internationale pour la sensibilisation aux mines terrestres : l'action humanitaire sur le front

Halte aux mines anti-personnel. On estime le stock de mines terrestres à des dizaines de millions d’unités dans le monde. Malgré leur interdiction partielle, ces engins explosifs continuent pourtant de faire des milliers de morts chaque année, majoritairement des civils.

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Opération de déminage en Irak, le 10 juin 2015.
Opération de déminage en Irak, le 10 juin 2015. (HAIDAR MOHAMMED ALI / AFP)

Depuis 2005, le 4 avril est journée consacrée à la sensibilisation au problème des mines et à l’assistance à la lutte antimines. Pour l’année 2021, le thème retenu par les Nations unies est "Persévérance, Partenariat, Progrès", après une année 2020 au cours de laquelle la lutte antimines a continué de produire des résultats , malgré la crise sanitaire.

Des techniques diverses

Les mines terrestres peuvent être produites industriellement, mais elles sont le plus souvent artisanales. Leur emploi est particulièrement fréquent sur les terrains d’action des groupes terroristes, comme en Syrie, en Irak ou au Mali. En janvier dernier, cinq militaires français y avaient été victimes de ces engins en l’espace d’une semaine, deux de leurs véhicules ayant touché des mines.

Les mines antipersonnel et anti-véhicules sont des dispositifs conçus pour exploser au contact d’une personne ou d’un véhicule. Elles provoquent un effet de souffle et peuvent projeter des éclats métalliques. On parle alors de mines à fragmentation, bien plus dangereuses. Ces engins peuvent être posés manuellement, ou largués par hélicoptère ou par avion, ce qui fait que, par endroits, on pouvait trouver jusqu’à 250 mines au kilomètre carré.

Des conséquences irréversibles et désastreuses

Chaque année, les mines terrestres font encore plus de 5 000 victimes dans le monde, dont 80% sont des civils. Parmi eux, beaucoup d’enfants sont touchés. Blessé par une mine antipersonnel, un enfant amputé aura besoin d’une quarantaine de prothèses tout au long de sa croissance.

Même après la fin des conflits, les champs de mines peuvent continuer à bloquer l’accès aux écoles, aux terres agricoles ou aux ressources d’eau. "C’est très important de se rendre compte que la menace des mines antipersonnel n’est pas seulement une menace de la vie, mais elle est aussi un énorme frein du développement socio-économique", explique Elke Hottentot, de Handicap International.

Face à cela, le démineur doit progresser avec des sondes, des détecteurs de métaux ou des animaux dressés spécialement pour ce type de missions. Pour pallier ce risque permanent d’explosion, des dispositifs plus sûrs ont été développés. "Il y a des engins d’intervention à distance, style robot. Mais la plupart du temps, le travail se fait manuellement. Rien ne vaut les yeux du démineur pour intervenir sur des munitions", souligne Éric Lombard, chef du Groupement d’intervention du déminage de la sécurité civile.

La Convention d’Ottawa, un accord international primordial

Depuis 1997, la Convention d’Ottawa interdit la production, l’emploi et le stockage des mines antipersonnel. À ce jour, 164 États y ont adhéré. Pourtant, 55 pays sont encore soupçonnés de détenir des stocks colossaux de mines antipersonnel, de l’ordre de dizaines de millions.

Les mines terrestres ne sont donc pas encore totalement bannies. Sur le terrain, l’action d’ONG comme Handicap International ou le comité international de la Croix Rouge est de première importance, allant du déminage à l’assistance aux victimes, en passant par la sensibilisation au risque minier.

Opération de déminage en Irak, le 10 juin 2015.
Opération de déminage en Irak, le 10 juin 2015. (HAIDAR MOHAMMED ALI / AFP)