Le billet sciences du week-end. Prendre soin des sols pour une agriculture saine

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Pendant tout l’été, Gérard Feldzer met en avant de nouvelles technologies qui nous permettront de mieux vivre dans un monde durable. Samedi 14 août, nous nous intéressons à la question des sols.

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Radio France
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Une bêchedans de la terre. Photo d'illustration. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

Près de 2 milliards d’hectares dans le monde sont considérés comme dégradés, soit 65% des terres cultivables. L’érosion, l’acidification, l’artificialisation  et le tassement des sols constituent de sérieuses menaces pour notre sécurité alimentaire future.  Il est urgent de prendre soin de nos sols

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Exploiter durablement les sols passe avant tout par une meilleure connaissance des terres. Les outils technologiques permettent de réaliser des prélèvements dans le but de préciser les caractéristiques du sous-sol. Les activités humaines peuvent ainsi être adaptées.

"On réalise des échantillonnages manuels ou à la tarière, au hasard ou aussi de façon régulée : en haut de pente, en mi-pente, en bas de pente, ou dans les rangs et inter-rangs des cultures. Le deuxième temps consiste en l’analyse de ces prélèvements. On identifie le type d’argile grâce aux rayons X et on détermine les divers éléments du sol par la spectrophotométrie infrarouge" souligne Jean-Louis Janeau, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ces analyses peuvent être assurées par des groupes agro-environnementaux, comme Auréa. Ce laboratoire de conseil mesure le taux de biodiversité dans les sols, en prélevant certaines espèces animales qui vivent dans le sous-sol, comme les vers de terre ou les collemboles. Avec l’élaboration de son projet Agro-Eco Sol ), Auréa a mis en œuvre une méthode de prélèvement et d’analyse novatrice pour conseiller les producteurs et protéger la biodiversité.

Il est également nécessaire de réduire l’utilisation des pesticides, d’éviter le surpâturage ou encore de pratiquer la rotation des cultures pour laisser aux sols le temps de se régénérer. "Le recours à ces pratiques culturales n’est pas nouveau. L’homme a oublié que les jachères utilisées depuis plusieurs siècles introduisaient ce temps de repos dans la régénération. Il y a une analogie évidente avec l’homme : l’homme qui ne dort pas s’épuise" estime Jean-Louis Janeau.

Les sols, alliés dans la lutte contre le réchauffement climatique

La technique de séquestration du carbone dans les terres séduit de plus en plus et pourrait peser dans la lutte contre le réchauffement climatique. "En compensant la hausse continue des émissions de carbone d’origine anthropique, on augmente la fertilité du sol. Cette pratique peut contribuer à limiter les dérèglements climatiques, mais elle doit être accompagnée de nombreuses mesures : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des économies d’énergie. Il faut soigner la nature pour guérir l’Homme" estime Jean-Louis Janeau.

L’ambition de la France est de stocker 1,2 milliard de tonnes de carbone dans ses sols. Un objectif que le groupe Auréa a placé au cœur de ses activités, avec son projet Carbo-Stock. Les études menées par le groupe permettront d’établir le potentiel de la séquestration de carbone et de l’appliquer sur le terrain.

Ces initiatives sont soutenues par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). "Se nourrir, en imaginant une agriculture plus respectueuse de l’environnement, c’est toute l’ambition du projet Auréa que l’Ademe est heureuse d’accompagner. Il permet d’optimiser les méthodes de culture pour une agriculture plus responsable." confie Arnaud Leroy, président de l’Ademe.

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