Le billet sciences du week-end, France info

Le billet sciences du week-end. Objectif Lune, puis Mars  !

Après vingt ans de recherche dans la Station spatiale internationale, une nouvelle phase de l’exploration de l’espace s’ouvre : un retour sur la Lune dans la prochaine décennie.

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Le village lunaire imaginé par l\'Agence spatiale européenne. 
Le village lunaire imaginé par l'Agence spatiale européenne.  (ESA)

Vendredi 23 avril, Thomas Pesquet s’est envolé pour une deuxième mission dans la Station spatiale internationale (ISS). À son arrivée, le Français sera l’un des 11 occupants de l’ISS et il y restera pendant six mois. Thomas Pesquet occupera le poste de commandant de la Station pendant le dernier mois de sa mission.  

De son côté, la NASA a déjà les yeux rivés vers d’autres missions plus lointaines. L’objectif annoncé de l’agence spatiale américaine est d’organiser le retour sur la Lune pour plusieurs astronautes, d’ici la fin de la décennie.  

21 Avril 2021, Hessen, en Allemagne. Avant la première \"Super Lune\" de 2021, mardi 27 avril, à 5h33, la Lune montante dans le ciel. 
21 Avril 2021, Hessen, en Allemagne. Avant la première "Super Lune" de 2021, mardi 27 avril, à 5h33, la Lune montante dans le ciel.  (BORIS ROESSLER / DPA-PICTURE ALLIANCE / AFP)

Un choix surprenant  

Vendredi 16 avril 2021, la NASA a sélectionné la fusée Starship de SpaceX pour atterrir sur la Lune. L’entreprise du milliardaire Elon Musk était jusque-là en compétition avec l’entreprise de défense Dynetics et la société de Jeff Bezos, Blue Origin. SpaceX est désormais seule en lice pour la prochaine mission lunaire.   

Face au fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, Elon Musk a proposé une solution innovante et moins coûteuse que ses concurrents : 2,9 milliards de dollars, contre 5 milliards pour Dynetics et 10 milliards pour Blue Origin. SpaceX assure déjà le voyage des astronautes jusqu’à l’ISS, et la NASA prolonge sa volonté de faire appel à des acteurs privés, même pour les missions les plus complexes. 

“On s’éloigne beaucoup du schéma Apollo, à savoir un véhicule qui se pose sur quatre pieds et un petit véhicule qui redécolle", souligne Francis Rocard du CNES.

Là, on va avoir la fusée de Tintin qui se posera sur la Lune, verticalement, ce qui est quand même très audacieux. SpaceX sait le faire mais avec des fusées vides. Il ne le fait pas avec des hommes à bord, sur la Lune.

Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES

franceinfo

Quid de la planète rouge ?

4 avril 2021. Cette photo de la NASA montre le mini-hélicoptère Ingenuity au sol sur la planète Mars en préparation avant son premier vol, devant l\'ombre du robot Persevance. 
4 avril 2021. Cette photo de la NASA montre le mini-hélicoptère Ingenuity au sol sur la planète Mars en préparation avant son premier vol, devant l'ombre du robot Persevance.  (HANDOUT / NASA/JPL-CALTECH / AFP)

Alors que le robot Perseverance s’est posé le 18 février dernier sur le sol de la planète Mars, après un voyage de près de sept mois, la NASA semblait donner la priorité à l’exploration et à une mission habitée sur la planète rouge, le plus tôt possible. Dans ces conditions, un retour sur la Lune semble paradoxal.  

Pourtant, une mission lunaire s’inscrit dans la continuité de l’objectif martien.

Au lieu d’aller vers Mars tout de suite, répétons sur la Lune ce que l’on veut faire un jour sur Mars : recycler, ravitailler, échanger les équipages, tester des systèmes de télécommande à distance de robots depuis l’orbite lunaire.

Jean-François Clervoy, spationaute

Des ressources naturelles prometteuses  

Une sonde américaine a récemment détecté des quantités importantes de glace aux pôles de la Lune. Si on parvient à l’exploiter, on pourrait alors avoir de l’eau , mais aussi en extraire de l’oxygène et de l’hydrogène pour fournir l’énergie de la station. Tout ceci ouvrirait la voie à l’installation d’une base lunaire permanente.  

Certains rêvent d’exploiter l’hélium 3, présent sur la Lune, mais pas sur terre, pour l’utiliser en fusion nucléaire nouvelle génération : 100% propre, sans déchets et sans risque de radioactivité. Pour d’autres, cela relève de la science-fiction, notamment à cause du coût du transport.  

Par ailleurs, le droit international n’est pas encore clair sur ce point. Le Traité de l’espace de 1967 interdit l’appropriation et l’exploitation des ressources d’un corps céleste à des fins privées. Les ressources lunaires pourraient être considérées comme un bien commun de l’humanité.  

Le début de la sagesse  

La prochaine mission lunaire n’en est aujourd’hui qu’à ses débuts. La NASA table sur un retour sur la Lune pour 2028, tandis que la Chine a annoncé le premier taïkonaute sur la Lune en 2030. Pour tenir ce calendrier, il faudra toutefois coopérer au niveau international, faire preuve de raison et de sagesse aussi.  

Je crois qu’effectivement, la sagesse, c’est quelque chose d’important dans l’aventure de l’humanité. Mais ça passe par l’éducation ! Il faudra qu’avec les jeunes générations, on ait à la fois la passion, la prise de distance et cette capacité à se dire que notre planète, c’est la Terre. On n'est pas là pour la quitter.

Claudie Haigneré, spationaute

Le village lunaire imaginé par l\'Agence spatiale européenne. 
Le village lunaire imaginé par l'Agence spatiale européenne.  (ESA)