Le billet sciences du week-end. Les animaux évoluent pour s’adapter au réchauffement climatique

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Une étude récente démontre que certains animaux s'adaptent au réchauffement climatique. Les oreilles et le bec, les pattes et la queue, ces proéminences qui leur permettent de réguler leur température interne, augmentent peu à peu. 

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo - Ersin Leibowitch
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les pattes des musaraignes seraient en train de grossir à cause du réchauffement climatique. Les animaux s'adaptent. (Illustration) (JOHN DOWNER / STONE RF / GETTY IMAGES)

On découvre aujourd’hui un effet inattendu du réchauffement climatique : il serait en train de modifier la forme des animaux – et même notre taille, à nous les humains..

franceinfo : Mathilde Fontez, vous êtes rédactrice en chef du magazine Espilon, comment s'explique ce phénomène ? 

Mathilde Fontez : Le bec des oiseaux, les oreilles des souris, les pattes des musaraignes, ces proéminences des animaux, seraient en train de grossir pour s’adapter au réchauffement climatique. Alors, évidemment, on ne parle pas de modification à l’échelle d’une vie. Mais bien d’évolution sur plusieurs générations, de sélection naturelle : les plus gros becs sont de plus en plus sélectionnés au fur et à mesure que les animaux se reproduisent.

En fait, les spécialistes soupçonnaient le phénomène car c’est grâce à ces proéminences que les animaux régulent la température de leur corps. On savait que certaines espèces ont historiquement évolué pour avoir des oreilles ou un bec plus gros, pour évacuer plus facilement la chaleur. Il suffit de penser au fennec, ce renard des déserts qui a des oreilles bien plus grandes que ses cousins des régions tempérées.

Mais une étude menée par des chercheurs australiens montre aujourd’hui, d’une part, que ce rôle du climat sur le corps a été sous-estimé. Et surtout, que ces processus évolutifs s’accélèrent aujourd’hui, en adaptation au réchauffement.

Comment les chercheurs ont-ils procédé ?

Ils ont tout simplement analysé les données existantes. Ils ont croisé les études qui recensent les évolutions morphologiques des animaux sur de longues périodes, avec les relevés climatiques, et en particulier les relevés de températures. 

En fait jusque-là, les spécialistes pensaient que ces changements de la forme du corps des animaux étaient dus à leur régime alimentaire, ou même aux autres perturbations humaines, comme la réduction de leurs habitats. De nombreux facteurs entrent en jeu, et il est difficile d’établir une causalité avec certitude.

Cette équipe prouve aujourd’hui que ce n’est pas le cas : c’est le climat qui est la cause de ces changements. Et le réchauffement climatique commence à se voir vraiment : chez les perroquets par exemple, les chercheurs ont mesuré une augmentation de 4 à 10% de la taille du bec depuis 1871, qui est corrélée avec l’augmentation de la température estivale.  

Et sommes-nous concernés, nous, les humains ?

C’est tout à fait possible, même si c’est plus difficile à voir. Mais une équipe internationale de paléoanthropologues a commencé à le montrer, en étudiant la taille de 204 fossiles d'ancêtres de l'homme découverts un peu partout sur le globe. Et là encore, l’étude conclut que c’est le climat, et en particulier la température, qui a eu dans le million d’années qui vient de s’écouler, le principal impact sur le changement de taille du corps de nos ancêtres. 

Devant les facteurs démographiques, sociaux, diététiques ou technologiques. Nous devenons plus petits à mesure que les températures augmentent.  

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