La mission européenne ExoMars est prête à partir

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Un nouveau rover se prépare à aller sur Mars. Un lancement, qui aura lieu en septembre prochain, à Baïkonour, au Kazakhstan. Initiallement prévu en 2020, il a été retardé pour un problème de parachutes. Les derniers tests ont eu lieu cette semaine.

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Capture d'image par la NASA du 26 janvier 2022 de la surface de la planète Mars. Le Bosoporos est un haut plateau situé dans l'hémisphère sud de Mars. Les taches blanches sont des dépôts de sel trouvés dans un fleuve asséché.  (NASA / MAXPPP / ZUMA PRESS)

Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon nous parle aujourd'hui dans Le billet sciences du weekend d’un nouveau rover qui se prépare à aller sur Mars.

franceinfo : Ce nouveau rover doit s’envoler en septembre prochain, et les derniers tests ont été effectués cette semaine. ? 

C’est le rover Rosalind Franklin (du nom d'une chimiste et biologiste moléculaire du XXe siècle, célèbre pour ses travaux sur le charbon et les virus) de l’agence spatiale européenne. Il fait partie de la grande mission ExoMars, qui mobilise l’ESA et l’agence spatiale russe. Et oui, ça y est. Enfin, il est prêt à partir. Il a réussi, mercredi 26 janvier, sa dernière épreuve : descendre en roulant de la plateforme sur laquelle il sera placé quand il aura atterri sur Mars. Ce sont deux rails étroits, et pentus, c’était une opération délicate. Mais cette fois, tout s’est bien passé.  

Il y a eu des problèmes auparavant ?

Ce rover devait partir en 2020, en même temps que Perseverance, le robot de la NASA. Mais le lancement a été repoussé à cause d’un problème de parachutes. C’est l’un des points sensibles de la mission : l’atterrissage sur Mars.

La capsule qui transporte le rover Rosalind Franklin va arriver à 21.000 km/h. Il faut la ralentir sinon, évidemment, c’est le crash. Et ça n’a rien d’évident parce que l’atmosphère de la planète rouge est beaucoup moins dense que l’atmosphère terrestre. Les frottements de l’air et les rétrofusées ne suffisent pas. Les parachutes sont essentiels pour éviter le crash. Et en 2020, ils fonctionnaient mal.

Lors des tests, ils s’étaient en partie déchirés. Mais ces problèmes ont été résolus l’année dernière. Il ne restait donc plus qu’à tester ce pilotage fin du rover. C’est chose faite. Rosalind Franklin a maintenant été placé dans une salle blanche. Il ne reste que qu’une série de tests mineurs d’après l’ESA, qui seront fait en avril.

Et le lancement de la mission est confirmé : il aura donc lieu en septembre prochain, à Baïkonour, au Kazakhstan. Ensuite, il y aura les 9 mois de voyage. Et l’arrivée sur Mars, en juin 2023.   

Quelle sera sa mission une fois là-bas ?

Rechercher des traces de vie ! Eh oui, c’est toujours l’objectif. On sait que Mars a été habitable il y a 3 milliards d’années. On sait que la planète a été couverte de rivières, de lacs. Un modèle qui vient d’être publié montre même qu’un océan aurait pu s’y stabiliser. Et comme sur Terre, il y a de la vie partout où il y a de l’eau, on cherche, depuis des dizaines d’années, des indices, des traces d’une vie passée sur Mars – aujourd’hui la planète est devenue trop froide pour que de l’eau liquide puisse subsister en surface.

Il y a déjà trois rovers qui arpentent le sable de la planète rouge pour étudier ça : Perseverance et Curiosity de la NASA. Et le rover chinois Zhurong. Rosalind Franklin va se joindre à la petite armada. Et explorer le terrain martien avec des forages de près de 2 mètres de profondeur.

Le site de l’atterrissage du rover a été choisi spécialement pour ça : il s’agit d’un bassin situé près de l’équateur de Mars, qui contient des dépôts d’argile, un endroit où il devait y avoir de l’eau.   

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