La pratique du deux roues, France info

Deux, trois et quatre roues à la recherche d'une cohabitation

S'il est un sujet ô combien délicat à traiter, c'est bien celui de la cohabitation des usagers de la route. Auto, moto et scooter, trois moyens de locomotion, trois approches différentes pour des rapports parfois difficiles...

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Concernant tout d'abord les
rapports des automobilistes vis-à-vis des deux-roues, force est de constater que
ceux-ci se sont considérablement améliorés au fil des années. Rares sont
aujourd'hui les automobilistes qui, une fois la moto ou le scooter repéré dans
le rétroviseur, tardent à se pousser pour laisser le passage. Reste toutefois
le problème de l'angle mort, du clignotant mis au dernier moment, du changement
de file inopiné, de la porte qui s'ouvre brusquement pour la voiture qui vient
de se garer le long du trottoir, enfin du terrible usage du portable au volant
qui incite l'automobiliste à se déporter sans s'en rendre compte... Bref si la
cohabitation s'est en effet améliorée entre les 4 et les 2 roues, il reste
encore pas mal de détails accidentogènes à corriger.

 

Inversement le comportement des
conducteurs de deux-roues, moto ou scooter, n'est pas non plus exempt de tout
reproche. Ainsi la remontée de file, un processus typiquement citadin, pour ne
pas dire parisien, n'étant toujours pas légalisé en France, contrairement à la Belgique,
il n'y aucune raison de voir des deux-roues vouloir forcer le passage à coups
de klaxon, d'appels de phare, voire (comme j'ai malheureusement pu encore le
constater dernièrement sur le périphérique parisien) de coups de poing sur les
rétroviseurs ou de coups de pied dans les portières... Une attitude qui non
seulement n'arrangera pas les relations entre automobilistes et deux-roues et,
qui plus est, rendra encore plus difficile la tâche des associations de motards
qui tentent d'obtenir des pouvoirs publiques la légalisation de ces remontées
de file.

 

Mais ce n'est hélas pas tout.
Le pompon final de cette cohabitation parfois délicate est à mettre sur le
compte des rapports que peuvent entretenir les deux-roues entre eux. Quand ce n'est
pas un motard visiblement pressé qui klaxonne un scooter n'avançant pas assez
vite en remontée de file, c'est l'inverse ! Il est vrai que la conception
du motard, un passionné dans l'âme..., n'est pas forcément la même que celle d'un
conducteur de scooter, engin utilitaire et pratique s'il en est, encore moins
celle d'un automobiliste fraîchement possesseur d'un trois roues qui tente par
tous les moyens d'oublier ses années de frustration au volant, bloqué dans les
embouteillages. Mais pourquoi tant de haine ? Il n'y a pas à dire, le
chemin de la cohabitation parfaite entre les différents moyens de locomotion
est encore long et nous n'avons même pas abordé le rôle et la place des piétons
dans tout cela...

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