La médaille du jour, France info

La médaille du jour. Deux pongistes nigérians se rappelleront longtemps d'une visite en Croatie

Quand on visite la capitale croate, mieux vaut ne pas oublier son passeport. Deux sportifs nigerians en ont fait les frais.

Des policiers croates. Photo d\'illustration.
Des policiers croates. Photo d'illustration. (CARSTEN KOALL / GETTY IMAGES EUROPE)

Ils s'appellent Abia Uchenna Alexandro et Eboh Kenneth Chinedu, ils ont 18 ans et ils sont étudiants à Lagos, la capitale du Nigeria. Étudiants mais surtout deux jeunes pongistes de talent. Pongiste, vous l'avez ? Deux pratiquants du tennis de table ! Et les deux jeunes pongistes nigérians viennent de disputer le championnat du monde universitaire de tennis de table en Croatie, à Pula plus précisément, sur la côte Adriatique. Mais avant de repartir chez eux, de reprendre l'avion pour Lagos depuis Zagreb, Abia et Eboh en ont profité la veille pour se balader dans les rues de la capitale croate. 

Les voilà donc partis à la découverte de Zagreb, après avoir laissé leurs affaires à l'hôtel. C'est là que tout bascule. Ils sont contrôlés par la police, et ils ont oublié leur passeport à l'hôtel. Ils tentent d'expliquer cela aux policiers, qui ne veulent rien entendre. Ni une ni deux, la police embarque les deux pongistes. Et ça ne s'arrête pas là. Au lieu d'aller au poste pour vérifier leurs dires et se rendre compte de leur erreur, les policiers prennent la direction de la frontière avec la Bosnie et le camp de Miral où des centaines de migrants survivent entassés, sans eau courante, et par moins deux degrés.

Ce n'est pas un cas isolé

C'est une fois là-bas que l'office international des migrations parvient à démontrer l'erreur la police. Le ministère de l'Intérieur croate a juste reconnu une erreur. Et la Bosnie demande à Zagreb de reprendre les deux sportifs. Qui sont toujours en attente. Il faut dire que l'histoire des deux pongistes nigerians n'est pas isolée. Cela fait pas mal d'années maintenant que les ONG pointent du doigt la Croatie, accusée de voler les migrants et de les refouler en Bosnie. 

Des policiers croates. Photo d\'illustration.
Des policiers croates. Photo d'illustration. (CARSTEN KOALL / GETTY IMAGES EUROPE)