Trente ans du premier sms : Qui est Neil Papworth qui a envoyé un "Merry Christmas" le 3 décembre 1992 ?

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L’intrus de l’actu donne chaque soir un coup de projecteur sur une personnalité qui aurait pu passer sous les radars de l’actualité.
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Radio France
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Le texto "Merry Christmas" avait été envoyé le 3 décembre 1992. (AGUTTES.COM)

Ce premier sms, daté du 3 décembre 92 disait, devinez quoi ? "Merry Christmas". Joyeux Noël. Étonnant pour un 3 décembre ! Mais tout s’explique vous verrez. À l’époque, Neil Papworth n’imagine pas une seconde le virage que ce moment va représenter dans l’histoire du mobile ! Trente ans ? cela veut dire en tout cas que Emmanuel Macron avait 14 ans, Marlène Schiappa trois semaines. Justin Bieber n’était même pas né. 

 "Short Message Service"

Neil Papworth a aujourd’hui 52 ans. C’est un anglais, né en décembre 1969. Il grandit à Reading, fait des études d’informatique et en 1991, à 22 ans, il est embauché chez Sema où il travaille comme programmeur de logiciel dans une équipe qui tente de développer un Centre de "Short Message Service" (on a déjà les initiales du SMS). Le client s’appelle Vodafone, l’opérateur de téléphonie. 
Et comme les téléphones portables n’ont pas encore de clavier, c’est depuis son ordinateur que ce 3 décembre 92, il envoie le nouveau protocole de messagerie à l’un des patrons de Vodafone, Richard Jarvis. Qui le reçoit, lui, sur son téléphone. Pourquoi "Merry Christmas" ?  "Ils étaient à une fête de Noël pour Vodafone, explique-t-il depuis Montréal où il vit désormais. Donc quoi de mieux que 'joyeux noël' comme message ? Sa réaction a été de le montrer à son patron. Il était content de lui montrer que ce sur quoi on travaillait depuis un an, on y était arrivé avant même la fin de l'année."  Pour être très précis, il a donc ajouté à la fin des lignes de code : "Merry Christmas". 

>>> "Merry Christmas", le premier SMS de l'histoire mis aux enchères à Paris

Les vrais sms, de portable à portable, arriveront deux ans plus tard, avec le premier téléphone portable à clavier, un Nokia 201. Le plus étonnant est qu'il lui a fallu 10 ans pour réaliser l'impact de cette première. Personne ne lui en a parlé pendant des années jusqu’à ce coup de fil de la BBC, qui voulait célébrer le 10e anniversaire de ce sms. Après il y a eu les émojis, les sonneries, les applications qui sont utilisées aujourd'hui par des milliards de personnes dans le monde. 

Pas de fortune avec cette invention

À Montréal, Niel Papworth travaille toujours dans l'informatique chez Oracle. Il n'a pas fait fortune avec ça ! Chaque sms était pourtant payant à l'époque. Mais lui n'a rien gagné. Pas même la fierté de ses enfants. "Cela ne les excite pas plus que ça parce qu'ils ont 12, 14 et 16 ans, reprend Neil Papworth. Ils sont nés après ! Donc ils ont utilisé Facebook, messenger, les email ou encore Teams à l'école avant même d'avoir un téléphone. Si j'avais inventé Facebook, ça les exciterait beaucoup plus. Je pense qu'ils en parlent peut-être parfois à leurs copains ou à leurs profs mais je ne suis même pas sûr qu'ils les croient !"

L'hiver dernier, ce premier sms a été vendu aux enchères 107.000€ sous forme de NFT, sous forme virtuelle. 107.000€ qui avaient été reversés au HCR. Finalement, c'est un peu à cause de Niel Papworth si nous consultons autant notre téléphone aujourd'hui pour voir s'il y a un message. Cinquante-trois fois par jour ! Et c'est une moyenne !

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