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Paris-Roubaix : Qui est François Doulcier, l’homme qui protège et explore les pavés ?

A l'occasion de la 120e édition de Paris-Roubaix samedi 8 et dimanche 9 avril, coup de projecteur sur le président de l'association des "Amis de Paris-Roubaix".
Article rédigé par franceinfo
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Le Belge Wout Van Aert lors de la reconnaissance du tracé du Paris-Roubaix jeudi 6 avril. (DIRK WAEM / BELGA MAG)

Cela fait douze ans que François Doulcier préside l’association des "Amis de Paris-Roubaix" qui défend, protège et restaure les 29 secteurs pavés de Paris-Roubaix, et plus globalement le patrimoine que représente cette course qui en est à sa 120e édition. Il fait travailler les lycées horticoles de la région avec des financements des différentes collectivités, 10 000 euros de la Région chaque année, mais aussi des subsides du département ou des communautés de communes.

L’homme qui s’en occupe n’a rien d’un horticulteur. A 57 ans, François Doulcier travaille depuis toujours chez PSA, aujourd’hui Stelantis, au service qualité de l’usine d’Hordain. C’est surtout un dingue de vélo avec dans les gènes un mix de plat pays et de sommets. Il est né à Valenciennes, a vécu là une partie de son enfance avant de partir à Paris et de revenir dans le Nord après son service militaire. Pour les sommets, c’est une maman de Briançon avec les cols du Lautaret, Galibier, Montgenèvre, Izoard et un père cévenol avec le Mont Aigoual.

En quête de variantes pour le final

Gamin, il dispute beaucoup de courses sur circuits dans son club, le Cyclosport de Pantin, près de Paris, jusqu’à 18/19 ans. Il confesse toutefois n’avoir jamais gagné autre chose que les lots de consolation pour coureurs lâchés à qui on faisait disputer un sprint histoire d’empocher un filet garni de saucisson et de légumes en conserve. Le vélo, à l’ancienne, celui des puristes ! Ajoutez à cela une passion pour les pierres : il est intarissable sur les pavés en grés, en granit ou en pierre bleue. Et le voilà qui débarque à l’association au début des années 2000, puis à sa présidence depuis douze ans. Parmi ses missions : l’entretien mais aussi la recherche de nouveaux secteurs pavés.

>> Paris-Roubaix : les pavés prochainement inscrits au patrimoine des sites historiques de France ?

"Ce qu'on cherche aujourd'hui, c'est offrir à l'organisateur des possibilités de variantes dans la partie finale de l'itinéraire pour casser un peu les habitudes des équipes et des coureurs. On a donc ratissé la région en long, en large et en travers", explique François Doulcier.

"Ce qu'on cherche, ce sont des secteurs pavés type Paris-Roubaix, on ne cherche pas un billard parce que ça n'a pas d'intérêt."

François Doulcier

à franceinfo

"La difficulté dans le Paris-Roubaix elle est triple", poursuit le responsable, "on a des pavés mal taillés, cabossés sur la bande de roulement, les joints sont très épais entre les pavés et entre deux rangés, on a des différences de cote en altitude. C'est ça qui fait la difficulté dans Paris-Roubaix."

Des boucs pour dégager l'herbe des pavés

Ces routes pavées sont des anciennes routes agricoles, très différentes des pavés qu’on trouve côté belge, à quelques kilomètres de là, beaucoup plus plats, resserrés, ce qui donne des courses très différentes. C’est particulièrement vrai dans l’un des endroits mythiques qui est la trouée d’Aremberg, au cœur du bassin minier ou ils ont tenté cette année de faire travailler des boucs. Un secteur de 2,3 kilomètres redoutables, avec des pavés sur trois mètres de large complètement cabossés et encore plus espacés qu’ailleurs. Etant en zone Natura 2000, les pesticides sont interdits. D’où l’option naturelle choisie, de l’éco-pâturage.

"Quarante boucs ont brouté de l'herbe de février à mars avec un enclos mobile. C'est le seul secteur interdit à la circulation automobile en dehors de Paris-Roubaix. Quand il pleut, l'herbe rend les pavés trop glissants. La problématique de la trouée, c'est que les 800 premières mètres sont en descente, donc les cadors se battent comme des chiffonniers en premier, d'où le sprint et les 60km/h", poursuit le président de l'Association.

"Si vous déboulez à soixante à l'heure sur des pavés glissants, c'est un carnage."

François Doulcier

à franceinfo

Pour François Doulcier, le terrain peut s'avérer dangereux pour la santé des coureurs : "c'est de la terre mélangée avec des feuilles mortes... le risque c'est l'infection. Si c'est trop casse-gueule, trop dangereux, ça fait fuir les bons coureurs."

En direct du vélodrome de Roubaix

Il ne suivra pas la course dans l'un des secteurs pavés mais dans le vélodrome de Roubaix parce que l'association s'occupe désormais du trophée remis au second et au troisième, deux pavés qu’il est chargé lui-même d’amener. Il suit donc la course sur écran depuis ce vélodrome où son bureau jouxte les célèbres douches, sortes de box si particuliers dont il s'assure, aussi, qu'elles sont toujours entretenues par la mairie de Roubaix. Pour ce dimanche, quand on lui demande un pronostic : sans surprise il attend avec bonheur un duel Mathieu Van der Poel / Wout Van Aert.  A moins que l’équipier du deuxième, Christophe Laporte ne s’illustre à nouveau comme il y a quelques semaines dans Gand-Wevelgem.

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