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Valls et l'Europe : que des coups à prendre

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Manuel Valls s'engage pour le scrutin du 25 mai, des élections à haut risque pour la majorité.
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Radio France
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Vous imaginez le PS, qui a échoué à 16 et demi % en 2009, terminant à 13 points cette fois ? Ce scénario du pire n'a pas empêché le Premier ministre de payer de sa personne hier soir sur TF1: son intervention à deux semaines du vote a donné le coup d'envoi d'une campagne des européennes qu'il a qualifiée de "scrutin décisif pour l'avenir de la France", un argument inaudible en période de crise, même si les Français, en majorité, ne veulent ni quitter l'Union, ni sortir de l'Euro. Le Premier ministre ne peut pas se résoudre à la percée du FN, mais sait bien au fond de lui que ce sera mission impossible de renverser la table en quinze jours.

Alors il s'est risqué à des promesses que personne n'a jamais pu tenir avant lui : les 30 milliards d'impôts de la droite, puis les 30 milliards de la gauche, maintenant "ça suffit", a-t-il martelé. Lui qui se fait fort d'en finir avec les débats stériles et de parler à tout le monde, y compris à l'opposition. Matignon vient de reprendre des parts de marché.

Il y a une rivalité avec l'Elysée ?

Elle n'est pas encore visible. Mais cette intervention au 20h de TF1 est venue clore une semaine très présidentielle. François Hollande, avec sa tribune dans le Monde  pour évoquer une "Europe de progrès" même si "l'Union déçoit", aura fait programme minimum, laissant son populaire fusible monter en première ligne sur un scrutin à haut risque. Manuel Valls est conscient du piège, c'est lui qui endossera un éventuel échec socialiste dans quinze jours, cela fait partie du job.

Il y avait un message subliminal hier soir?

C'était un peu... "Aidez-moi". Manuel Valls a exhorté les électeurs de gauche à ne pas bouder les urnes le 25 mai, et ne pas réitérer le désastre des municipales. "Aidez-moi" à ne pas perdre ces européennes, mais aussi à réussir la suite. Son ambition profonde, sur le long terme, reste 2017, même s'il s'en est défendu, revendiquant un certain volontarisme, "pas pour moi, mais parce que la France en a besoin", a-t-il glissé à Claire Chazal.

C'est un peu comme si depuis le remaniement, le quinquennat commençait vraiment, après deux années de tâtonnements perdues, sans grande vision de départ. 

Les européennes ne seront pas une fin en soi ?

Ce sera dur pour la gauche au pouvoir. Mais ne rien tenter serait pire. Le Premier ministre sait bien que cette étape, quelle qu'en sera l'issue, pourra lui donner ses galons de Premier ministre de combat. Son pari, à terme, est de redonner du sens, du souffle, et pourquoi pas de l'espérance à un pays désenchanté, au destin contrarié. Manuel Valls qui va partir en campagne verra dans quinze jours si son  engagement aura payé, et s'il a tant soit peu été entendu.

 

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