L'interview politique, France info

Tous en campagne pour recueillir les 500 signatures

Sans ces précieux sésames, pas de validation de candidature à la présidentielle. Avant la pêche aux voix, l'heure est à la chasse aux parrainages. Il en faut donc 500 d'ici le 16 mars. Des signatures d'élus, nationaux ou locaux : députés sénateurs, députés européens, conseillers régionaux, généraux, maires. Un vivier de 46.000 noms. Facile donc sur le papier. Et pourtant, l'exercice se transforme souvent en galère pour certains candidats...

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Ce serait le cas de Marine
Le Pen. Faux suspense ou vraie difficulté, la candidate du FN tire la sonnette
d'alarme et en appelle "à l’esprit républicain de tous nos élus, de
tous les Français
".  Et face à ces
difficultés, réelles ou supposées, Marine Le Pen a envoyé une note vendredi aux
cadres du Front National. La collecte des signatures est la "priorité
absolue
" sur le terrain, dit-elle à ses lieutenants. Jean-Marie Le Pen,
lui aussi affirmait en son temps avoir du mal à recueillir les signatures.

Ces signatures d’ailleurs,
qui les donnent au Front National ? L'IFOP a mené une étude sur le sujet. Sur
les 500 signatures obtenues par Jean-Marie Le Pen en 2007, on trouvait celles de
318 maires. Des maires souvent de très petites communes, moins de 800
habitants. Mais ce n'est pas la seule caractéristique. "Certaines régions
ou départements étaient très surreprésentés et il se trouve que ces
départements ou ces régions ont, quelques mois plus tard, davantage voté
pour Jean-Marie Le Pen que la moyenne de la France, comme si le fait d’avoir
signé était quelque part un signe avant-coureur d’une éventuelle percée ou d’un
enracinement plus solide du FN dans le paysage local
",  explique Jérôme
Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP. C'était le cas notamment
dans le Sud-Est, où le FN réalise ses meilleurs scores, mais aussi en Picardie
et en Champagne-Ardenne. Difficile donc pour le Front National de recueillir
des signatures dans les autres régions, là où les électeurs rejettent
l'extrême-droite.

D’autant que donner sa
signature n'a rien d'anodin. Beaucoup de maires de petites communes sont sans étiquette.
Ils ne veulent donc pas s'en donner une en s'affichant pour un candidat, car la
liste des signatures est publiée, ce que dénonce le Front National qui réclame
l'anonymat. "Si nous nous positionnons à l’extérieur en tant que maires
par rapport à des idées politiques, nous faisons forcément de la politique
politicienne. Donc forcément c’est un marquage
", explique le maire de la
Celles-sur-Belle, dans les Deux-Sèvres, Jean-Michel Roy, qui lui a fait le
choix de ne parrainer personne.

Le parcours du combattant
n'est donc pas terminé pour les petits candidats, ceux qui rament le plus pour
emmener leur barque présidentielle à bon port. On citera dans cette catégorie
Jean-Pierre Chevènement, Philippe Poutou, Corinne Lepage ou encore Christine
Boutin. La Présidente du Parti Chrétien Démocrate qui menace de rallier
François Bayrou si l'UMP ne lui donne pas un coup de pouce. François Bayrou qui
a aussi reçu hier le soutien de Philippe Douste-Blazy, l'un des fondateurs de
l'UMP qui dénonce la "droitisation" de Nicolas Sarkozy.

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