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Sarkozy président LR et candidat non-déclaré : "Un problème moral et éthique" selon Juppé

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L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire LR a estimé vendredi sur France Info que c'est "un problème moral et éthique" que Nicolas Sarkozy fasse déjà campagne pour la primaire sans être candidat et tout en restant à la tête des Républicains.
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Alain Juppé, ancien Premier ministre et candidat à la primaire LR, a estimé vendredi sur France Info que "ce n'est pas un problème juridique, c'est un problème éthique et moral " que Nicolas Sarkozy fasse déjà campagne pour la primaire sans être candidat et tout en restant à la tête des Républicains. Sa candidature, "c'est un secret de Polichinelle " a estimé Alain Juppé. "Ne reprenons pas certaines pratiques du passé, où on confondait un peu les choses entre les campagnes électorales et le financement du parti ", a ajouté le maire de Bordeaux.

Les candidats à la primaire ont jusqu'au 9 septembre pour déposer leurs parrainages. Selon les statuts du parti, son président doit, s'il candidate, quitter ses fonctions au plus tard quinze jours avant cette date.

Quant à la concurrence qui s'annonce entre les deux candidats, "j'ai beaucoup travaillé depuis des mois et des mois " pour proposer un programme dans cette campagne, a rappelé le candidat. "Au-delà d'un projet, les Français attendent une espérance et le retour de la confiance ".

"Quand on fait le contraire de ce qu'on a annoncé, on se retrouve dans la situation d'aujourd'hui "

Alain Juppé a estimé que la situation actuelle de blocage autour de la loi Travail est "désastreuse pour les Français et pour l'image de la France". Selon le maire de Bordeaux, "la CGT s'est engagée dans un bras de fer politique avec un gouvernement dont elle estime qu'il a trahi l'électorat de gauche." Et selon Alain Juppé, cette colère est plutôt légitime : "Souvenez-vous de 2012. Ce gouvernement a été élu pour faire le contraire de ce qu'il fait aujourd'hui". "Quand on fait le contraire de ce qu'on a annoncé, on se retrouve dans la situation de déliquescence qui est celle d'aujourd'hui", a expliqué Alain Juppé pour qui l'électorat et les parlementaires de gauche ont "raison" de se sentir trahis.

Interrogé sur la méthode qu'il emploierait pour résoudre une telle crise s'il était au pouvoir, Alain Juppé a estimé qu'il n'y avait pas d'autre solution que de recourir au dialogue, mais surtout qu'il ne se retrouverait pas dans cette situation. "Je ne mettrais pas dans cette situation. Avant l'élection présidentielle, je dirai : 'Voilà la réforme du travail que je vous propose'. Et de deux choses l'une : ou bien les Français me donneront mandat de le faire et j'aurai l'autorité pour le faire, ou bien ils ne le voudront pas et je ne serai pas élu."

"Une prise en otage alors que l'Euro doit être une fête "

Confronté dans sa ville de Bordeaux à une grève locale dans les transports publics alors que l'Euro de football débute, Alain Juppé a expliqué que des négociations sont en cours pour tenter de mettre fin au conflit, et en a profité pour dénoncer le comportement des grévistes, qu'il estime être "une prise en otage, alors que l'Euro doit être une fête ." A Bordeaux, l'intersyndicale du réseau de transports de Bordeaux Métropole (TBM) a déposé un préavis de grève couvrant toute la période de l'Euro, pour demander notamment une prime exceptionnelle de 500 euros.

"Ce sont des revendications de pure surenchère", a jugé Alain Juppé, tout en précisant que les négociations se poursuivaient, et que "c'était à Keolis, la société qui gère notre système de transports, de négocier ". "L'Euro 2016 doit être un grand moment festif. La France a besoin aujourd'hui d'un grand moment de communion nationale comme ça l'a été en 1998, et pas seulement sur nos stades et dans nos fan-zones ! Il ne faut pas gâcher cette fête, voyons ! ".

"Il y a un seul homme aujourd'hui qui pense que la France va mieux, et il habite l'Elysée "

Alain Juppé a estimé qu'"il y a un seul homme en France aujourd'hui qui pense que la France va mieux, et il habite l'Elysée ." "Est-ce que la courbe du chômage s'est réellement inversée ? Attendons de voir si cette tendance se confirme sur la durée, mais nous sommes toujours dans le chômage de masse en France, alors que les deux principales puissances économiques européennes, l'Allemagne et l'Angleterre sont au plein emploi ", a commenté Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux entend "remettre l'entreprise au coeur du dispositif ." Selon lui, "ce sont des entreprise compétitives qui créeront des emplois ", et pour lui c'est sur ce thème qu'il faudra faire de la pédagogie pendant la campagne pour la présidentielle. "Cette campagne ne doit pas être simplement l'oreille des petites phrases ou des coups de griffes à ses partenaires. Je veux que ce soit un débat de fond sur les questions de fond qui engagent l'avenir de la France, sur l'autorité de l'Etat, qui est aujourd'hui gravement compromise et une autre politique économique qui nous permettre d'arriver au plein emploi ".

Alain Juppé compte notamment proposer une réforme du Code du travail aux Français qui fait de l'entreprise le lieu central du dialogue social. "Je pense qu'il faut laisser négocier le temps de travail dans l'entreprise ", a rappelé le maire de Bordeaux.

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