Cet article date de plus de cinq ans.

Raffarin : "Il n'est pas acceptable qu'en Corse on bafoue l'Etat de droit"

écouter (10min)
Après les incidents en Corse consécutifs à l'arrestation de supporters à Reims samedi après un match, L'ancien Premier ministre a demandé mardi sur France Info "aux autorités de la République de faire respecter l'Etat de droit" en Corse. Le sénateur Les Républicains soutient Alain Juppé pour la primaire de la droite. Un choix qui "est une continuité, une sorte de logique".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Franceinfo (Franceinfo)

Des supporters de Bastia ont été arrêtés pour des violences contre des policiers après un match de L1 contre Reims samedi. Des incidents ont eu ensuite lieu en Corse entre des manifestants opposés à ces poursuites judiciaires et des forces de l'ordre. Gilles Simeonin président nationaliste de la Collectivité territoriale de Corse, et Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, ont dénoncé dans des communiqués "des comportements provocateurs et brutaux et des violences déterminées de la part des forces de l'ordre" et "des insultes racistes envers les jeunes corses et des passages à tabac". "Les poursuites pénales ne présentent aucune garantie d'impartialité", selon Gilles Simeoni.

Invité de France Info, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré qu'il "n'est pas pour que l'on oppose la Corse et la France". "Il faut de l'ordre dans une société, définit par un Etat de droit. Il n'est pas acceptable qu'en Corse on bafoue l'Etat de droit. Je demande aux autorités de la République de faire respecter l'Etat de droit", a ajouté le sénateur Les Républicains de la Vienne.

Juppé, un choix qui "est une continuité, une sorte de logique "

Jean-Pierre Raffarin, sénateur Les Républicains de la Vienne, a expliqué son soutien à Alain Juppé pour la primaire de la droite. "Je suis avec Alain Juppé depuis longtemps. On a été ensemble députés européens, on est de la même région Grande Aquitaine, on a été avec Chirac ses Premiers ministres. Donc il y a une continuité. Une sorte de logique ", a expliqué Jean-Pierre Raffarin. L'ancien Premier ministre a expliqué qu'il "respecte Nicolas Sarkozy ", mais qu'il "préfère Alain Juppé ". Il n'est pas ici question de "guerre ". "Je veux une campagne de sagesse, de propositions, où les pros domineront les antis ." 

Jean-Pierre Raffarin a aussi "démenti complètement " un parallèle entre Nicolas Sarkozy et Donald Trump. "Je suis très inquiet de voir l'évolution de la démocratie américaine et c'est pour cela que je souhaite qu'il y ait de la tempérance dans la société ." "Il y a chez Nicolas Sarkozy une ligne stratégique qui est le clivage de manière à ce que son camp soit le plus large possible. Je pense qu'il y a une autre stratégie qui est celle du rassemblement. "

Syrie : "Il faut rééquilibrer notre diplomatie " avec les Etats-Unis et la Russie

Jean-Pierre Raffarin a réagi aux bombardements en Syrie, qui ont fait 50 morts dont des enfants lundi. "C'est une tragédie qui continue jour après jour, tout ceci ne nous annonce rien de bon. C'est un drame humanitaire majeur ", a commenté l'ancien Premier ministre. "La solution politique reste ce qui doit être la ligne de la diplomatie française. Il faut rééquilibrer notre diplomatie entre le pôle américain et le pôle Russe. Il faut pouvoir parler avec Vladimir Poutine. Essayer de le convaincre ."

Pour Jean-Pierre Raffarin, "il est clair que nous devons combattre Daech, mais aussi trouver une solution politique, une transition. Cela ne peut se faire que par le dialogue ." "On peut être très inquiet de voir aujourd'hui la tension monter entre la Russie et la Turquie, entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Il y a la potentialité d'un élargissement du conflit extrêmement grave", a estimé le sénateur Les Républicains. Mais "il faut faire attention que la France n'apparaisse pas comme trop alignée sur les Etats-Unis. Il faut pouvoir garder un contact avec la Russie, qui soit équilibrée pour faire bouger la Russie", a prévenu Jean-Pierre Raffarin.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.