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Primaire UMP : une bonne idée pour la présidentielle?

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Décidemment quand l'UMP organise un vote ce n'est jamais très simple. La primaire ouverte pour désigner le candidat aux municipales à Paris a tourné au fiasco ce week-end. De quoi se demander si l'organisation d'une primaire en 2016 pour la présidentielle est bien raisonnable.
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Radio France
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Quand vous avez le patron du parti, Jean-François
Copé qui confie hier : "Nous apprenons la démocratie, c'est assez nouveau "

et qui ajoute "j'espère que pour 2016 nous serons au point ". Il y a
de quoi se poser des questions.

D'ailleurs, Luc Châtel le vice-président délégué du parti en
rajoute dans la presse ce matin. Il parle d'un message d'alerte pour l'UMP à la
vue de ce qui se passe à Paris. Alors il faut dire que cette primaire est
particulièrement épique. A tel point qu'il a été imposé aux candidats et à
leurs entourages le silence total jusqu'à ce soir, jusqu'à la clôture de ce
scrutin électronique.

Mais passé ce délai, entre les risques de contestation très
sérieux et les rabibochages impossibles, cette primaire risque de faire bien
plus de dégâts que d'apporter une dynamique à la droite pour reconquérir Paris.

Tout le parti est atteint

C'est à l'image de ce qui s'est passé à l'automne 2012,
entre Jean-François Copé et François Fillon. Quand il n'y a pas de chef clair à
droite cela ne marche pas. Dans cette logique une primaire ne fonctionne
qu'avec un gagnant évident. Elle ne vient alors que confirmer un leadership, le
mot le plus employé à l'UMP ces dernières semaines.

L'ancien ministre et député Benoît Apparu : "La
primaire peut être une erreur. Une primaire peut être utile quand on a pas de
leadership évident. Cela marche très bien quand on a un chef qui dicte la ligne.
L'une des difficultés de l'UMP, c'est qu'avec un résultat de 50/50 entre François
Fillon et Jean-François Copé, dans la tête des militants le leadership reste assumé
par Nicolas Sarkozy.
"

Ce problème c'est une direction du parti contestée et une
ligne politique qui tangue. Le député Pierre Lellouche : "Un an
après notre défaite, la droite modérée a du mal à se réorganiser. Derrière
cette affaire du chef, il y a aussi des lignes politiques différentes à l'intérieur
du parti. Certains s'autorisent, alors qu'ils ne sont pas élus, à faire de
grandes déclarations crypto Front national. Nous sommes un certain nombre à penser
que nous n'avons rien à voir avec cela.
"

Dans le viseur il y a la Droite Forte de Guillaume Peltier, celui
qui veut la peau de Nathalie Kosusko-Morizet à Paris. La boucle est presque
bouclée.

Un risque plus sérieux

Le parti pourrait imploser après les municipales ou après
les européennes. Ce n'est pas seulement de la politique fiction, c'est un
ancien ministre de Nicolas Sarkozy qui en parle hors-micro. Selon lui, François
Baroin, qui est sorti de son silence la semaine dernière, prépare la scission
de l'UMP pour en revenir au vrai RPR, sans la Droite Forte.

Le député UMP Philippe Gosselin : "C'est vrai qu'il
y a des risques d'atomisation. Chaque entité a tendance à considérer qu'elle
détient la vérité. Je crois qu'au final tous se retrouvent autour de la
diversité, dans les valeurs. Ce qui nous unit est plus important que ce qui
nous désunit.
"

En tout cas, les bisbilles qui ne sont pas terminées autour
de la primaire à Paris ternissent encore un peu l'image de l'UMP. Elles posent
des questions sur l'organisation de la primaire de 2016. Et surtout, cette
primaire parisienne révèle cruellement, encore une fois, que Nicolas Sarkozy
n'a pas bien rangé sa maison avant de partir en vacances.

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