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Nous sommes déjà dans la campagne présidentielle

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Toux ceux qui en doutent, et tous ceux que ça agace, et ils sont de plus en plus nombreux, doivent se rendre à l'évidence.
Article rédigé par
Radio France
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François Hollande et Nicolas Sarkozy préparent la revanche de
2012, qui s'annonce digne du choc Muhamed Ali contre Georges Foreman à Kinshasa
en 74. Le match retour, si les prétendants tiennent trois ans à ce rythme, sera
une réplique inversée du précédent : les antihollandais sont déjà en
action, et devraient affronter les antisarkozystes que la gauche veut
réactiver. Evoquer cette présidentielle alors que les municipales et les
européennes sont encore devant, et que la crise frappe durement une grande
partie de la population, a quelque chose d'indécent. Mais à qui la faute ?
François Hollande table sur le long terme. Sa réélection. Nicolas Sarkozy, qui
s'apprête à rencontrer Angela Merkel début mars - le secret a été éventé par Le
Parisien- est bel et bien en campagne. Il va même un peu trop vite au goût de
certains de ses amis. Le PS le tacle depuis ce week-end comme s'il était
redevenu le chef de l'UMP. Tout ce qu'il ne veut pas.

L'Elysée en a fait une cible ?

Non, jure Aquilino Morelle. Le
conseiller qui a pris en charge la communication présidentielle affirme
"qu'il n'y a pas de stratégie concertée, aucune expression à ce
sujet
". La charge combinée d'Arnaud Montebourg et d'Harlem Désir contre
le bilan de l'Ex, seraient des actes isolés. Pour l'Elysée, Nicolas Sarkozy est
pour l'instant "un problème pour la droite ", et il serait "bien
inspiré de prendre du recul, méditer à l'avenir de la France, plutôt que de
s'agiter
". François Hollande quant à lui s'intéresse à la vie politique,
mais pas à une échéance située à trois ans et quatre mois de la fin de son
mandat. Pas d'autres commentaires.

Nicolas Sarkozy peut-il rester en retrait ?

Difficile pour celui qui a
toujours été dopé à l'action. Il sait bien qu'au moment où il reviendra à la
lumière avec des intentions bien définies, sa popularité en prendra un coup. Le
voilà donc en mode DSK, l'analyse est celle d'un proche de l'ancien patron du
FMI, à savoir "revenir sans le dire, comme moyen de retour ". Mais
il lui faut se méfier des faux-pas, de l'overdose médiatique, voire prendre de
la distance avec ses anciens amis. Claude Guéant, pourquoi diable a-t-il égaré
ses archives élyséennes ? Bernard Squarcini, qui agissait sur instruction
de sa hiérarchie dans  l'affaire des
fadettes, explique tranquillement l'avocat de l'ancien patron du renseignement
intérieur. Tous les coups sont permis. Gare aux fantômes du passé.

La présidentielle est quand même encore loin.

Oui et non. Le quinquennat a
accéléré le temps de la Vème République. La démocratie française se réduit peu
à peu à : une seule élection, celle du président, et cinq ans de contestation.
Le ticket d'entrée de 2017 sera à vingt points. François Hollande, comme l'a
fait Nicolas Sarkozy avant lui, va enjamber les scrutins intermédiaires.
L'important, ce sera la finale. Celle dont nous parlons, parce qu'elle est déjà
programmée dans leurs têtes.

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