L'interview politique, France info

Notre-Dame-des-Landes : "On va continuer à s'opposer à ce projet" (David Cormand, EELV)

Les habitants de Loire-Atlantique ont massivement dit "oui" dimanche à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. David Cormand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, a estimé lundi sur France Info que c'est une "déception, une défaite" mais qu'"on va continuer à s'opposer à ce projet".

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David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, a jugé lundi sur France Info le résultat de la consultation sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-Des Lande "difficile à encaisser". Le "oui" l'a remporté avec 55,17% des voix. Un "camouflet non, mais déception bien sûr. C'est une défaite. Le résultat d'hier est difficile à encaisser", a-t-il réagi. "Si le non l'avait emporté, cela aurait clôturé le débat mais le fait que le oui l'ait emporté ne résout pas la question parce qu'il reste le problème des recours juridiques et puis il reste cette contradiction fondamentale entre la COP 21 à laquelle s'est engagée la France et ce projet qui est contradictoire", a-t-il ajouté. Pour David Cormand, le combat continue : "On va continuer à s'opposer à ce projet, il est contraire à l'intérêt collectif et l'intérêt collectif, il dépasse l'intérêt de la Loire-Atlantique."

Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts a remis en cause le mode opératoire du référendum : "Quand il y a un projet d'aménagement qui est présenté comme un aéroport international du Grand Ouest, financé par deux régions, Bretagne et Pays de la Loire et également par l'Etat et qu'on organise un vote sur uniquement un département, il y a une question", a-t-il dénoncé. Selon lui, par ce référendum "on a dévoyé hélas cette question de démocratie environnementale pour une raison conjecturelle. Il s'agissait d'habiller l'entrée au gouvernement d'un certain nombre d'écologistes. Pour régler un problème conjoncturel, on crée une merde structurelle", a-t-il lâché.

Brexit : François Hollande pas "à la hauteur de la situation historique "

David Cormand a jugé François Hollande pas "à la hauteur de la situation historique et politique" après le vote du Royaume-Uni en faveur du Brexit. "J'ai été désarçonné par un chef d'Etat que je n'ai pas senti à la hauteur de la situation historique et politique qu'on est en train de traverser", a-t-il jugé après sa rencontre avec le président de la République samedi.

"C'est d'un électrochoc dont l'Europe a besoin sinon on va sortir de l'Europe petit à petit. Les Pays-Bas hésitent à partir de l'Europe, en Suède, les sondages sont extrêmement mauvais. On va finir par dépiauter l'Europe par le populisme, la pire des façons", a-t-il regretté. "Le message des Européens et des chefs d'Etat vis-à-vis des peuples européens, c'est 'nous allons changer les choses'. Ca ne peut pas continuer comme ça. Le cadre européen est en train d'exploser", a estimé David Cormand. Pour lui, "il y a deux façons d'en sortir : soit on en sort vers le haut, plus de démocratie, plus de fédéralisme, plus de transparence, plus d'écoute des peuples, ou alors on sort par le bas et ça sera les nationalistes et les populistes qui vont gagner", a-t-il ajouté.

Polémique sur une fresque de street-art à Grenoble : "On est dans le champ de la liberté d'expression artistique "

Une fresque réalisée sur un mur de Grenoble pour un festival de street-art crée la polémique. Elle représente deux policiers matraquant une Marianne au sol. Le dessin est accompagné du titre "L'Etat matraquant la liberté". David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts , a estimé lundi sur France Info qu'on "est dans le champ de la liberté d'expression artistique".

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a demandé au maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, de faire retirer la fresque. "Je n'apprécie pas que monsieur Cazeneuve se réfugie derrière les forces de l'ordre et derrière la police pour donner un message politique. C'est ça dont il s'agit. Il stigmatise monsieur Piolle", a dénoncé David Cormand.

"Figurez-vous que dans une ville écologiste, ce n'est pas le maire qui explique aux artistes ce qu'ils doivent peindre. Ce sont les artistes qui décident de s'exprimer. On est dans le champ de la liberté d'expression artistique", a-t-il poursuivi. "Le titre de la fresque ce n'est pas 'La police matraque la liberté' c'est 'L'Etat matraquant la liberté'. Ce que l'artiste a voulu exprimer, c'est que peut être aujourd'hui en France l'Etat est dans une dérive autoritaire et à titre personnel, politiquement, c'est une analyse qui n'est pas très éloignée de la mienne".

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