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Les militants UMP vont-ils revoter en septembre ?

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François Fillon et Jean-François Copé s'étaient engagés, après un mois de guerre ouverte fin 2012, a organisé une nouvelle élection pour la présidence de l'UMP. Mais trois mois plus tard, tout le monde à l'UMP se demande s'il ne faut pas abandonner cette idée.
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Radio France
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En coulisse, les entourages des deux ennemis, Jean-François
Copé et François Fillon, font le même constat : les militants n'ont pas
envie de revoter, ni de se relancer dans une campagne interne, ni de revivre le déchirement de leur parti.

"En politique, il y a des moments où les nécessités peuvent
faire évoluer les accords quand tout le monde réalise qu'il y a un état de fait
",
explique l'ancien ministre et député UMP, Thierry Mariani.

L'état de
fait c'est que l'on doit gagner les municipales, se retrouver plus unis que
jamais derrière nos candidats et pas divisés dans chaque circonscription.

Autre argument, pour ne pas revoter, l'UMP fonctionne. Les
soucis sont de l'histoire ancienne.

Claude Guéant a soutenu François Fillon et voilà le constat
qu'il disait dimanche à l'émission Tous Politiques : "L'UMP existe
et a trouvé des instruments de gouvernance. L'UMP a un président, qui est
Jean-François Copé, qui est quelqu'un de très actif, qui se déploie beaucoup et
l'UMP est dirigée. Le parti est en état de marche.
"

L'UMP

est en marche alors pourquoi revoter ?

La copéiste, déléguée générale adjointe de l'UMP, Valérie
Debord affirme que "l'accord qui a été signé entre Jean-François Copé et
François Fillon est un accord qui engage. Cet accord doit être respecté sauf à
ce que les deux partis ne le souhaitent plus.
"

Dans le camp Fillon

Dans son entourage, comme dans celui de Jean-François Copé,
on constate que l'ancien Premier ministre n'a pas envie d'y aller, pas envie de
repartir à l'assaut du parti. Le problème c'est que si François Fillon n'y va
pas, tout le monde va dire qu'il renonce et qu'il refuse le combat.

Une annulation de l'élection sauverait donc les apparences
et c'est l'ancien ministre Xavier Bertrand qui n'a jamais pris parti pour
personne qui a trouvé la solution. A la fin du mois de mai, quand les militants
devront voter par internet sur les nouveaux statuts du parti il y aurait une
question bonus : êtes-vous pour ou contre un nouveau vote pour la présidence de
l'UMP ?

Le scénario est assez malin, c'est une belle porte de sortie,
honorable pour tout le monde.

Un scénario qui conviendrait à tout le monde ?

Non, c'est ce que pense l'un des proches de Jean-François
Copé, le vice-président de l'UMP, Roger Karoutchi. Il pense à Laurent Wauquiez,
à Bruno Le Maire ou à Henri Guaino. Autant de candidats potentiels à la
présidence de l'UMP.

"Il y en a certains qui se préparent à être candidats,
qui commencent à faire des tours de France. Si on leur a dit qu'il y aurait un
vote en septembre mais qu'il n'y en aura pas. Ils vont dire que ce n'est pas
possible d'annuler une élection qui est lancée"

Il faut respecter les
engagements pris et il vaudrait mieux qu'il y ait un nouveau vote en septembre.
"

Et puis, il ne faut pas l'exclure non plus, avec un nouveau
vote une victoire en septembre de Jean-François Copé aurait enfin une vraie
légitimité, forte et incontestable. Il n'aurait plus à partager le pouvoir et
le passage délicat des élections municipales dans un an serait plus facile à
passer pour lui. On se retrouve donc dans une situation un peu ubuesque,
décrite par un observateur assez éloigné de l'appareil UMP.

Ceux qui voulaient à tout prix une nouvelle élection à l'UMP,
le camp Fillon, n'en veulent plus aujourd'hui et ceux qui ne voulaient pas d'un
nouveau vote, les gagnants, chez Jean-François Copé, vont se mettre à défendre
une nouvelle élection auprès des militants. C'est un sacré retournement de
situation.

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