L'interview politique, France info

Législatives partielles à haut risque pour l'UMP

Jean-François Copé et François Fillon ont décidé de se revoir en début de semaine prochaine pour tenter de trouver une issue à la crise qui déchire le principal parti d'opposition. Le temps de laisser passer un week-end test sur le plan électoral pour l'UMP, engagée dans trois législatives partielles en région parisienne et dans l'Hérault.

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Il est des adages qui, en
politique, prennent un relief particulier. Ainsi du malheur des uns qui, c'est
bien connu, fait le bonheur des autres. Alors vu le contexte, très difficile,
pour le PS comme pour l'UMP, le constat est réversible.

 Commmençons tout de même par
les déboires de la droite qui vont parasiter les scrutins de dimanche. Elie
Aboud, candidat UMP dans la 6" circonscription de l'Hérault, le reconnaît
sans ambages :

"Il y a de petits chefs en culotte courte autour de Jean-François Copé et François Fillon qui veulent exister médiatiquement et qui parasitent le message."

 Pas de précautions oratoires
chez ce candidat copéiste de l'Hérault. Il en va tout autrement de Patrick
Devedjian, qui dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine entend bien
conserver son siège face au jeune chevènementiste Julien Landfried, qu'il n'a
devancé que de 191 voix en juin dernier. Patrick Devedjian tente de faire
contre mauvaise fortune bon cœur. "

J'ai le sentiment que notre électorat est à la fois mécontent de ses dirigeants nationaux, du coup plus replié sur ses élus locaux et donc mobilisé."

 On peut ne pas être
totalement convaincu par cet argumentaire surtout si l'on porte le regard sur
une autre circonscription, la 1ère du Val de Marne,  "laboratoire de l'implosion de
l'UMP
", s'amuse le Front national du département. Une circonscription où
le maire de St Maur Henri Plagnol, a beaucoup à craindre d'un dissident,
Sylvain Berrios. Entre les deux, l'ambiance est à couteaux tirés.

 La gauche, justement,
peut-elle vraiment tirer profit de la situation ?

 L'élection aurait eu lieu le
week-end dernier, on aurait pu répondre positivement. Mais le bilan des 6
premiers mois d'exercice du pouvoir s'est notablement alourdi cette semaine,
avec les développements de l'affaire Florange et les démêlés du ministre du
budget Jérôme Cahuzac avec le site d'information Mediapart.

La socialiste Dolorès Roqué,
qui va tenter dimanche de conserver son siège acquis au bénéfice d'une triangulaire
dans l'Hérault, reconnaît que la partie ne va pas être facile: "Je demande à l'électorat de gauche de nous donner un peu de temps."

 L'UMP divisée, la gauche au
pouvoir fragilisée. Celui qui peut tirer les marrons du feu, c'est encore le Front
national.

 Au niveau local comme au
niveau national, le FN pourrait être le grand bénéficiaire du week-end
électoral.. c'est dans l'Hérault que le parti de marine le Pen nourrit le plus
d'espoir.. sa candidate France Jamet tente bien de cacher sa joie.. mais pas
trop longtemps: "Je ne vais pas me réjouir mais pas pleurer non plus..."

Reste cette inconnue, le principal ennemi de tous les candidats engagés
: l'abstention...traditionnellement élevée en cas d'élections partielles..

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