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Le FN est-il devenu le premier parti de France ?

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Le sondage IFOP pour le Nouvel Observateur, qui donne le Front national en tête aux prochaines élections européennes, provoque une onde de choc. Politique fiction ?
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Radio France
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Non, c'est bien réel. Et
Marine le Pen avait le triomphe tranquille hier soir : " nous
arriverons au pouvoir dans les dix prochaines années ", a prédit d'un ton
calme la présidente du Front national. " Il ne peut pas en être autrement,
dit-elle, compte tenu des politiques menées, toujours les mêmes, sans aucun
résultat, quelles que soient les majorités qui se succèdent ". Il faut
reconnaître que la une du NouvelObs a de quoi faire frémir dans les
états-majors politiques : le 24% d'intentions de vote pour le FN s'affiche
en géant, avec le profil de Marine le Pen sur fond bleu. Et ce titre en lettres
rouges, qui sonne comme une mise en garde : " le sondage qui fait
peur ". Et il y a de quoi, l'UMP est pointée à 22%, le PS, 19%. Les autres
partis sont à la dérive. Le Front national, si ce sondage se confirmait dans
les urnes en mai prochain, deviendrait le premier parti de France.

C'est vraiment significatif ? Les Européennes sont
pourtant des élections " défouloir ".

C'est vrai que nous parlons
d'un scrutin très abstentionniste, où les partis de gouvernement " prennent
cher " à chaque fois. L'Europe hérisse une grande partie des Français,.
Mais tout de même : le FN progresse aussi en intentions de votes aux
municipales. Il n'est plus un parti du rejet, qui agglomérait tous les exclus
du temps de Jean-Marie le Pen, mais devient, c'est incontestable, un parti
d'adhésion.

Un parti d'extrême droite ?

Marine le Pen a menacé de
trainer devant les tribunaux tous ceux qui l'affirment : ça risque de lui
faire beaucoup de travail. Pour la petite histoire, la patronne du FN raconte
que l'exécutif aurait pris connaissance dès lundi du résultat de l'enquête
IFOP. Ce qui aurait motivé les assauts de Jean-Marc Ayrault, le FN n'aime pas
la France, ou ceux du PS, sur le thème, " le FN est d'extrême droite ".
Marine le Pen veut tordre le cou à cette affirmation : " si j'étais à
la droite de la droite, je ne serais pas pour plus d'Etat. Je ne prône pas la
violence. Je milite pour la proportionnelle, et ne suis pas
antiparlementariste. Tous les journalistes qui me classent à l'extrême-droite
sont des militants ".  La présidente
du Front National ne veut plus endosser l'héritage de son père, ses dérapages, l'échec
de la gestion des villes frontistes, et affirme que le parti aujourd'hui ne
serait plus celui d'il y a vingt ans.

L'échiquier politique est vraiment en train de bouger ?

Le scénario qui se dessine
pour 2014, c'est une poussée du Front national, doublé d'une désaffection des
électeurs de l'UMP et du PS, sur le mode : nous ne voulons plus voter,
qu'ils se débrouillent sans nous. Toutes les enquêtes montrent que le FN, ancré
de façon durable dans le paysage, est en mesure de concurrencer à jeu égal l'UMP
et le PS. Les deux partis de gouvernement que les Le Pen, père et fille,
appellent l'" UMPS ", les accusant de se partager le pouvoir sur le dos
des Français. Le slogan commence à faire son chemin. Le vrai succès de Marine
le Pen est que tout le monde désormais se détermine par rapport à elle, qui veut
se poser en seul rempart contre l'établissement. Le sondage IFOP met en tous
les cas un terme à la bipolarisation de la vie politique française.

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