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La PMA abandonnée ?

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Après le mariage gay, ce devait être à l'automne le deuxième grand projet de société du gouvernement. Une loi sur la famille avec la procréation médicalement assistée. Mais le projet est reporté pour ne pas dire abandonné.
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Radio France
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Dans la famille Hollande-Ayrault, je voudrais celui qui est
chargé d'enterrer les projets de loi. Il n'est pas tout seul en fait. L'exécutif
et une grande partie de la famille socialiste parlementaire ont la volonté de
dépassionner les débats.

C'est vrai que les évènements autour du mariage homo
incitent à la souplesse, à la prudence. A l'Elysée, il se dit que le chef de
l'Etat est très réservé sur la PMA, qu'il y a de nombreuses réticences même à
gauche sur cette question sensible. Au passage, la PMA ne fait pas partie des
60 engagements de campagne.

Ce n'est pas une priorité

Pas de précipitation donc, et puis, comme le relève le
sénateur Gaëtan Gorce, ce n'est pas une priorité : "Aussi importante
soit elle, je ne pense pas que cette question doive être considérée comme une
priorité politique dans les prochains mois. Si c'est pour le faire au prix d'un
débat qui divise les Français, qui rameute des groupes violents à l'occasion
des manifestations, je pense qu'il faut éviter de créer ce nouveau front.
"

L'avis du Comité National d'Ethique

Au ministère de la famille, en revanche, Dominique
Bertinotti est sereine et estime que le projet sur lequel elle travaille sera
examiné avant la fin de l'année. Mais, avant d'inscrire ce texte à l'ordre du
jour, le gouvernement attend surtout l'avis du Comité National d'Ethique.

L'entourage de François Hollande estime que le Comité se
montrera réservé. Cela permettra alors, tout en douceur, de reporter le projet
aux calendes grecques. Les calendes grecques, c'est un aller sans retour.

En plus de ça, le député socialiste Bernard Roman, partisan
de la PMA, pose des conditions à l'inscription de ce sujet à l'agenda
parlementaire. Bref, il est sur la ligne élyséenne : "Il faut que l'on
puisse poser sereinement cette question. Il y a des conditions à remplir, il y
a sans doute des problèmes d'âge à évoquer, il y a sans doute un certain nombre
de précautions à prendre pour ne pas tomber dans les abus. Il faut déconnecter
cette question de la gestation pour autrui qui n'est absolument pas le même
problème.
"

Les pro-PMA frustrés ?

Du coup, ce report sine die risque de frustrer les alliés
écologistes du PS. Ils sont pro-PMA, comme le député vert François de Rugy : "Pour nous cela reste une revendication juste, une revendication tout à
fait fondée. La question de l'ouverture aux couples de femmes reste posée, le
gouvernement a pris l'engagement que cela soit dans la loi famille, mais c'est
vrai que l'on n'a pas beaucoup de visibilité. Ce qui compte c'est que sur ces
sujets là, on avance.
"

L'UMP très mobilisée

Le gouvernement mesurera donc le moment venu l'état de
l'opinion pour savoir si elle est prête à digérer un nouveau grand projet
sociétal. Cela dit, on a bien compris que le temps est à l'apaisement. D'autant
plus que l'opposition est très mobilisée sur les questions de société. L'UMP
Eric Ciotti met en garde : "Nous combattrons avec la même force,
avec la même détermination les menaces nouvelles qui pointent à l'horizon, et
qui contiennent une remise en cause profonde de notre organisation sociale et
familiale.
"

La priorité cette année c'est la lutte contre le chômage
tiennent à rappeler l'Elysée et Matignon. D'ailleurs, François Hollande et
Jean-Marc Ayrault vont y consacrer tout leur temps cette semaine. Un séminaire
et deux déplacements en Province sont prévus cette semaine.

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