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Jean-Marc Ayrault fonce, 2014 en tête

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Jean-Marc Ayrault est à la manoeuvre pour tenter de resserrer les boulons de la majorité. Le Premier ministre s'est lancé dans une offensive politique tous azimuts hier. Objectif : permettre à certaines réformes de passer, et au delà, commencer à préparer le terrain pour les élections de 2014.
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Radio France
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Nicolas Sarkozy avait enfanté le concept d'"omniprésident".
Hier, on a découvert l'"omnipremier ministre".

Jean-Marc Ayrault, l'hyperactif

Difficile de manquer Jean-Marc Ayrault : le matin
devant les députés écologistes, l'après-midi pour défendre le mariage
pour tous, en soirée pour lancer l'offensive sur le droit de vote
des étrangers et il s'est invité au bureau national du Parti Socialiste où il a
été trouvé "très allant". Une hyper-activité inhabituelle.

Mais pour
l'intéressé, c'est normal. Il s'agit de consulter en amont pour éviter les
couacs en aval dans la majorité. "En démocratie, il faut vérifier l'état des rapports de force. Dans un soucis de rassemblement, je fais ces consultations ", explique Jean-Marc Ayrault.

Pour le député socialiste, tendance hollandiste, Olivier
Faure, il était temps de coiffer un peu la majorité dans le même
sens.

Jean-Marc Ayrault ne devrait pas s'arrêter là. Il annonce qu'il rencontrera bientôt les alliés radicaux
PS et qu'il deviendra un habitué des points de la rue de Solférino. Pour le
co-président des députés écolos, François de Rugy, il était tant que la
ligne des réformes devienne plus claire. "C'est un bon message de fermeté dans la volonté politique d'aboutir sur ce sur quoi nous nous sommes engagés devant les électeurs ", estime-t-il.

Risque de carambolage ?

Entre mariage pour tous et droit de vote des étrangers, certains au PS y voient un risque de carambolage. Pour les communistes,
c'est un bon point même si la députée Marie-Georges Buffet reste
méfiante. "Je n'aimerais pas que ce soit une annonce pour nous détourner d'autre chose ", prévient-elle.

L'opposition, elle, regarde cet activisme soudain avec
ironie. Pour le député UMP de Paris, Claude Goasgen, c'est une diversion de
plus. "Ca serait mieux d'être en avance sur des dossiers qui sont plus importants, notamment le dossier du chômage ", raille-t-il.

Le début d'un rapprochement

Et à noter que pendant que Jean-Marc Ayrault rencontrait les
députés écolos et faisait un pas en direction des communistes, Jean-Luc
Mélenchon, allié à ces derniers, rencontrait, lui, la direction du parti
écologiste, pour évoquer les "convergences de vues " sur l'écologie politique et
mettre en place des ateliers thématiques communs.

Une façon de boucler la boucle
qui pourrait indiquer un début de modification des équilibres à gauche, dans la
perspective des élections de 2014.

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