Cet article date de plus de sept ans.

Hollande et les sondages : pas même un frémissement

écouter (5min)
Les sondages se suivent et se ressemblent pour François Hollande : remaniement ou pas, décidément, ça ne veut pas.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Même pas un petit sursaut, un
frémissement, rien. La nomination de Manuel Valls à Matignon n'a été
bénéfique qu'au seul... Manuel Valls. Qui sait bien que sa popularité ne va pas
durer.

Il ne faut pas être dupe. Ces
enquêtes valent ce qu'elles valent : elles ne sont que de l'écume, dans le
quotidien difficile des Français. Mais bon, elles renseignent sur l'humeur, les
attentes, les angoisses, les colères collectives.

La curée pour François
Hollande a débuté avec l'épouvantable baromètre IFOP du Journal du Dimanche,
qui a donné 40 points d'écart entre les deux têtes de l'exécutif.

Deuxième sondage, le
baromètre Ipsos, réalisé en fin de semaine dernière, APRES la nomination des
secrétaires d'Etat : François Hollande, 18% d'opinions favorables, 4
points de chute en un mois, face à Manuel Valls, 44%, loin devant.

Le remaniement n'a donc eu
aucun effet positif pour le chef de l'Etat, qui poursuit sa chute, comme dans
le film. Jusqu'ici, tout va bien.

Et puis est venu ce sondage à la une du Figaro ce
matin.

De quoi hérisser tous ceux qui ont horreur que nous parlions sans cesse
de 2017, alors qu'il va se passer tant de choses d'ici là. Et il n'ont pas tort.

Que dit l'enquête
OpinionWay-Le Figaro-LCI : si l'élection présidentielle avait lieu
aujourd'hui, François Hollande ne serait même pas au deuxième tour, qui
opposerait Nicolas Sarkozy à Marine le Pen, selon une

Ce sondage est totalement
zinzin : la présidentielle est dans trois ans, tout le monde s'en moque,
il y a le chômage, les déficits, la crise, d'autres urgences, d'autres
élections à venir.

Mais tout de même : il a
le mérite de confirmer ce phénomène souligné après le premier tour des
municipales par Jean-Christophe Cambadélis, le nouveau patron du PS: le
tripartisme s'installe en France, et le tiercé des Européennes risque fort de
placer dans l'ordre UMP, FN et PS. Un souci pour le président qui veut remonter
sur la première marche. Il reste loin du compte.

Pourquoi le remaniement ne le relance pas ?

" François Hollande paye
cash la défaite du PS aux municipales ". L'analyse est de Brice
Teinturier, le directeur général d'Ipsos : son enquête de cette semaine
montre qu'il perd des points dans toutes les catégories à gauche, même après
avoir remanié : 5 au Parti Socialiste, 10 chez les Verts, 8 au Front de Gauche.
Il perd même au Modem, lui qui a refusé il y a deux ans la main tendue de
François Bayrou.

Qu'est ce qu'il lui reste ?

Le temps, et l'espoir que les
réformes finiront par porter leurs fruits. Problème : les dispositifs mis
en place, CICE et autres pactes, sont sur le long terme. Les Français n'en
peuvent plus d'attendre.

Et puis il y a Manuel
Valls : son énergie, son style tranchant vont vite devenir une gêne, une
concurrence, un handicap pour le chef de l'Etat qui ne doit pas devenir un Chancelier
chrysanthème s'il veut briguer un deuxième mandat. La présidentielle est loin,
mais la question de la candidature va très vite arriver sur la table.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.