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Au PS, mobilisation générale autour du plan d'économies

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A gauche, la tension monte avant le vote, demain, à l'Assemblée nationale. Manuel Valls défend son plan d'économies de 50 milliards.
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Radio France
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Il ne faut pas s'y tromper.  Officiellement, ce n'est qu'un vote
consultatif sur la trajectoire budgétaire de la France. En fait, c'est beaucoup plus. Chez les députés, ce sera un vrai
référendum, pour ou contre la politique économique de François Hollande. Pour ou contre, aussi, le pacte de
responsabilité, et les aides aux entreprises : 40 milliards de cotisations et
d'impôts en moins... Pour ou contre, enfin,  le plan d'économies : 50 milliards d'ici 2017,
avec des conséquences sur la vie quotidienne des Français.  Quand les
retraites sont gelées, quand les allocations sont bloquées, tout le monde
comprend de quoi on parle.

Ce choix économique, ce pari,
a créé une fracture qui grandit chaque semaine à gauche. D'un côté, le chef
de l'Etat est persuadé que son remède va donner un coup de fouet à l'économie
française, la faire sortir de la léthargie. De l'autre, des
dizaines de parlementaires, qui pensent, eux aussi, qu'il faut faire des économies, mais pas autant, ou pas comme ça.
Ils sont convaincus que le remède va aggraver le mal. La nouveauté, c'est qu'ils
le disent de plus en plus, et de plus en plus fort. La semaine dernière, trois
proches de Martine Aubry ont annoncé qu'ils ne voteraient pas le plan du
gouvernement. Aujourd'hui, ils sont beaucoup plus nombreux.

Mobilisation générale

Manuel Valls jette ses
forces dans la bataille. Le premier ministre joue gros. Ce vote, c'est son baptême du feu, son
premier rendez-vous important depuis qu'il est à Matignon.  Il sonne la mobilisation générale. Tout
à l'heure, il reçoit un groupe de députés, dont Valérie
Rabault, la nouvelle rapporteure du budget. Comme d'autres parlementaires, elle est persuadée que
la France peut faire des économies en épargnant les Français les moins riches. Elle
a présenté des solutions.

Depuis une semaine, les
calculatrices ont chauffé, les ordinateurs ont tourné. Et voilà ce que Manuel
Valls devrait annoncer : d'abord, un geste pour les petites retraites, inférieures à 1000 ou 1200 euros ; elles ne seraient pas gelées.
Ensuite, un geste pour les fonctionnaires, au moins pour ceux qui ont des
petits salaires. Enfin, le
gouvernement pourrait réhabiliter son " plan pauvreté ". Il avait
décidé de reporter la mise en œuvre de ce plan, et le coup de pouce au RSA.
Tout à l'heure, il pourrait revenir en partie sur sa décision. Si les députés ne sont pas
convaincus aujourd'hui, Manuel Valls reviendra à la charge. Demain, avant le
vote, il verra l'ensemble du groupe socialiste.  

Pendant ce temps-là, le PS
fait les gros yeux. Ce week-end, le premier secrétaire du PS,  Jean-Christophe Cambadelis, a averti les
récalcitrants : " il faut savoir terminer une fronde ". De son
côté, le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, envisage des sanctions.
Ceux qui ne soutiendraient pas le gouvernement devraient en payer les " conséquences ".
 L'instant est solennel. Un bureau
national se réunira ce soir.

D'un côté, l'exécutif fait des gestes, pour rassurer les députés mécontents. De l'autre, le parti les rappelle à l'ordre. La
carotte et le bâton... Méthode classique pour resserrer la majorité.

 

Est-ce que ça va suffire

 Ce n'est pas sûr, mais c'est
probable. Pas sûr, parce que la colère des
députés n'est pas une comédie. Beaucoup sont vraiment inquiets; et convaincus
que le choix économique de François Hollande est dangereux. Tout le week-end,
dans leurs circonscriptions, ils ont discuté avec leurs électeurs. En revenant
à l'Assemblée nationale, ils vont retrouver les autres parlementaires de
gauche : les écologistes qui hésitent entre l'abstention et un vote contre le
plan du gouvernement ; et puis les députés du Front de gauche qui, eux,
vont voter contre, sans états d'âme.

Mais finalement, ça devrait quand même passer. D'abord parce que les députés qui soutiennent le
plan sont en train de s'organiser. Hier, dans le Journal du dimanche, ils ont
publié une tribune intitulée : "Courage, avançons". Ensuite,
parce que les récalcitrants hésiteront avant de s'abstenir. Au début du mois d'avril, lors du vote de confiance, seulement onze
députés socialistes (sur 291) s'étaient finalement abstenus.

Combien seront-ils demain ?
Si le mouvement fait tache d'huile, ils pourraient être une quarantaine. Mais selon
un parlementaire qui est au cœur des discussions, si Manuel Valls est
convaincant, 20 ou 25 députés socialistes pourraient finalement aller jusqu'au
bout, et ne pas voter le plan du gouvernement. Ce serait un événement politique,
mais pas un tremblement de terre.

 

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