L'interview éco, France info

Tunnel Lyon-Turin : pour Hubert du Mesnil, le patron du projet, "l’objectif reste 2030"

En Italie, le tunnel Lyon-Turin vient de provoquer une crise politique majeure. Ce projet géant ira-t-il à son terme ? Hubert du Mesnil, président de Telt, la société publique chargée des travaux, estime mardi sur franceinfo qu'"il ne faut pas perdre de temps".

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Hubert du Mesnil, président de Telt, la société publique en charge du projet de tunnel Lyon-Turin, le mardi 12 mars sur franceinfo.
Hubert du Mesnil, président de Telt, la société publique en charge du projet de tunnel Lyon-Turin, le mardi 12 mars sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le projet de tunnel Lyon-Turin ira-t-il jusqu’au bout ? Ces derniers jours, en Italie, la coalition s’est déchirée autour de ce projet emblématique. La Ligue le soutient alors que le Mouvement 5 étoiles le refuse. Les deux partis ont trouvé un compromis provisoire. Ils se sont donné six mois pour trouver une solution. En attendant, la société publique en charge du projet, Telt, a pu lancer un appel d’offres de 2,3 milliards d’euros.  

Invité de L’interview éco, mardi 12 mars sur franceinfo, Hubert du Mesnil, président de Telt, le concède : "Nous venons de vivre un passage difficile (…) mais nous avons trouvé une formule pour débloquer la situation."  

Les entreprises peuvent-elles avoir confiance et répondre à l’appel d’offres, malgré les incertitudes qui entourent le projet ? "Nous leur disons que l’enjeu économique est considérable. Nous devons maintenir le chantier à un certain rythme (…) Nous dégageons l’horizon pour les prochaines semaines." Au-delà, de nouvelles discussions devront avoir lieu.  

L’Europe pourrait financer davantage le tunnel  

Les Italiens veulent revoir le financement du tunnel, aujourd’hui assuré par l’Europe (40%), l’Italie (35%) et la France (25%). "On ne modifie pas un traité par une simple déclaration", répond Hubert du Mesnil. Cependant, selon lui, "il y a des marges de manœuvre possibles avec l’Europe. L’engagement de l’Europe va jusqu’en 2021. Au-delà de cette date, l’Europe a déclaré qu’elle était prête à passer de 40% à 50%. Il y a donc des marges de manœuvre possibles, pour aller jusqu’au bout de ce projet en ajustant les conditions de financement."

Il faut tenir bon et ne pas perdre de temps si on veut respecter l’objectif de 2030

Hubert du Mesnil, président de Telt

sur franceinfo

Le tunnel, qui mesurera 58 kilomètres, aura deux tubes. "Nous avons déjà réalisé 25 kilomètres de galerie", annonce Hubert du Mesnil sur franceinfo. "On a donc creusé 15% du total. Ça n’est pas rien et nous l’avons fait dans de très bonnes conditions. Ce que nous voulons, c’est que ça se poursuive comme ça, jusqu’au bout."  

Hubert du Mesnil l’affirme : le budget du tunnel lui-même, environ 8,5 milliards d’euros, sera tenu. Quant au calendrier de mise en service, « l’objectif reste 2030. Si nous prenions à nouveau du retard dans les prochains mois, ça ne serait plus possible. C’est encore possible mais on a la limite du raisonnable."  

« Une croissance équilibrée »  

Le projet, si grand, si cher, si contesté, a-t-il encore un sens ? Oui, pour l’environnement et pour la mobilité, selon Hubert du Mesnil : "La croissance des camions n’est pas acceptable. Il faut mettre les camions sur des trains et construire un tunnel pour faire passer ces trains. Si on croit à l’Europe et au développement harmonieux de l’Europe, alors il faut faire du report modal et faire passer les marchandises sur des trains (…) Ce choix a été fait un certain nombre de fois par les gouvernements et les parlements. Nous sommes au service de ce choix-là et nous y croyons."     

Hubert du Mesnil, président de Telt, la société publique en charge du projet de tunnel Lyon-Turin, le mardi 12 mars sur franceinfo.
Hubert du Mesnil, président de Telt, la société publique en charge du projet de tunnel Lyon-Turin, le mardi 12 mars sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)