Santé et innovation : "Il faut continuer à être plus agile !", plaide Thierry Hulot, président de Merck France

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Le chef de l'Etat annonce un plan pour soutenir l'innovation dans le domaine de la santé. Le laboratoire allemand Merck va investir, lui, 175 millions dans l'hexagone. 

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Thierry Hulot, président de Merck France, invité éco de franceinfo, mardi 29 juin.  (FRANCEINFO)

La France veut muscler son industrie de santé. Emmanuel Macron vient d’annoncer un plan d’innovation de plusieurs milliards dans l’hexagone. Thierry Hulot, président de Merck France, invité éco de franceinfo mardi 29 juin, espère un revirement dans la politique de la santé. "On est tous très heureux de notre système de santé en France (…) mais il n’est pas passé loin de la catastrophe", estime Thierry Hulot, à propos de la pandémie. "On a besoin d’être partenaires avec l’Etat, avec l’administration, tant au niveau national qu’au niveau local, poursuit-il. Dans cette crise, on a vu des barrières administratives se lever à la vitesse du son. Il faut continuer à être plus agile !" 

Merck investit 175 millions d’euros au nom de "l’indépendance sanitaire"

Merck investit 175 millions d’euros en France. Le groupe pharmaceutique allemand annonce aussi qu’il va créer 500 emplois. Selon Thierry Hulot, la pandémie rappelle l’urgence de "créer la grande indépendance sanitaire de l’Europe". Le site de Molsheim, en Alsace, et celui de Martillac, en Gironde, vont bénéficier de cet investissement.

Dans le Bas-Rhin, il s’agit de fabriquer "des bioréacteurs jetables pour augmenter la cadence de production". Le groupe avait déjà une usine de ce type aux États-Unis. "On s’est demandé où, en Europe, on pouvait dupliquer notre usine américaine et importer ce savoir-faire. A Molsheim, en Alsace, on a une équipe compétitive qui a le savoir-faire", explique Thierry Hulot. En Gironde, Merck va développer son site qui "fabrique à façon pour des start-ups, pour des plus gros de l’industrie pharmaceutique, pour leur permettre d’entrer plus vite dans les phases d’essai clinique" de leurs produits de santé.  

Levothyrox : l’ancienne formule disponible jusqu’à la fin de 2022

Merck est aussi le producteur du Levothyrox, médicament très courant pour les patients qui souffrent de problèmes de thyroïde – ils sont trois millions environ en France. En 2017, la nouvelle formule du Levothyrox a provoqué une tempête. Plusieurs milliers de patients ont attaqué le laboratoire, se plaignant d’effets secondaires. L’affaire est toujours devant la justice.  

En attendant, l’ancienne formule du médicament est toujours disponible. Pour combien de temps ? "Nous nous sommes engagés à ce qu’elle reste disponible jusqu’à fin 2022, répond Thierry Hulot. Passée cette date, l’ancienne formulation ne sera plus du tout commercialisée en Europe. Et donc l’usine qui la fait n’aura plus la capacité de le faire. Jusqu’à fin 2022, cette formulation sera disponible". Et au-delà ? "On verra", répond le dirigeant. 

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