L'interview éco, France info

Réforme ferroviaire: "Les négociations avec les syndicats ont repris", annonce le président de l'UTP et PDG de Transdev

Thierry Mallet, le président de l’UTP, qui représente le patronat du rail, était l’invité de l’interview éco lundi. L’UTP est chargée de négocier la future convention collective des cheminots.

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Thierry Mallet, président de l’UTP et PDG de Transdev, lundi 14 mai sur le plateau de franceinfo.
Thierry Mallet, président de l’UTP et PDG de Transdev, lundi 14 mai sur le plateau de franceinfo. (FRANCEINFO)

La grève se poursuivait à la SNCF lundi 14 mai avec le début du vote-action lancé par les syndicats de cheminots. L’UTP, l'Union des Transports Publics, qui représente le patronat du secteur, est chargée de négocier la future convention collective des cheminots. Thierry Mallet en est le président, il est aussi le PDG du groupe Transdev.

Invité sur franceinfo, il explique que les négociations avec les syndicats ont repris : "L'objectif c'est de l'avoir conclue [la convention collective] d'ici fin 2019. C'est un calendrier tendu mais possible." Du côté de l'UTP, il souhaite que cette convention soit "plus moderne, plus innovante et plus performante" et que les employés soient davantage "polyvalents".


franceinfo : Allez-vous écouter les cheminots ?

Thierry Mallet : Évidemment puisque c'est avec eux qu'on va bâtir cette convention collective. L'UTP a d'ailleurs commencé à bâtir cette convention depuis 2014. Nous avons déjà six accords sur les neuf que va constituer cette convention, il en reste trois très importants à négocier avec les représentations syndicales représentatives, dont une sur la partie classification et rémunération. Cette convention collective est déjà en vigueur pour les entreprises de fret. Il y a déjà une partie de cette convention collective qui s'applique aux entreprises dont la SNCF. Cette convention elle est en fait un réceptacle dans lequel vont venir s'inscrire des accords d'entreprise dont ceux de la SNCF, c'est un cadre général. On a commencé cette négociation en 2014 pour toutes les entreprises du secteur ferroviaire qu'il s'agisse de celles qui s'occupent du réseau, qui font du transport de voyageurs, ou qui font du transport de sécurité. 

Où en êtes-vous des négociations?

On vient de reprendre les négociations ce lundi, puisqu'on a rencontré ce matin trois organisations syndicales : la CGT, l'Unsa et la CFDT et nous rencontrons Sud ce mardi pour pouvoir commencer à travailler sur le calendrier et la méthodologie pour terminer cette convention collective et avoir l'ensemble des accords. L'objectif c'est de l'avoir conclue d'ici fin 2019. C'est un calendrier qui est tendu mais possible. Il y a des divergences. Notre objectif c'est d'avoir une convention collective qui ne soit pas un copier-coller de ce qui existe aujourd'hui au sein de la SNCF. L'objectif c'est d'avoir une convention qui donne à la fois de la place aux entreprises pour qu'elles puissent négocier leurs propres accords, mais qui s'adapte aussi à la réalité du terrain. On souhaite, côté UTP, qu'elle soit plus moderne, plus innovante et plus performante.

Est-ce que ce ne serait pas plus simple d'étendre le statut des cheminots à tout le secteur ?

Nous pensons que ce qui existe aujourd'hui entre le statut et l'organisation du travail à la SNCF n'amène pas le niveau de performance qu'on peut avoir dans le secteur. Il faut s'adapter à la réalité des lignes qui sont différentes. Les objectifs qu'on souhaite dans l'organisation du travail c'est plus de polyvalence, par exemple, sur les petites lignes, des équipes qui sont capables de faire des choses différentes au cours de la journée, ce qui permet d'avoir une ou deux personnes au lieu de trois, tout en respectant la sécurité, ce qui permet d'être plus concurrentiel.

Prenons un exemple, si Transdev gagne un marché et remplace la SNCF sur une ligne, qu'est-ce qui changera pour les cheminots qui travaillent sur cette ligne ?

Ils viendront chez Transdev, ils garderont l'essentiel du statut comme leur niveau de rémunération. L'objectif c'est de faire ça sur la base du volontariat et mon objectif en tant que patron de Transdev ça sera d'être le plus attirant possible pour qu'ils aient envie de venir chez moi et je suis prêt à les payer plus d'ailleurs s'ils acceptent de jouer le jeu de travailler différemment, d'être plus polyvalent et de prendre plus de responsabilités.

Le mot "privatisation" revient et aujourd'hui les syndicats veulent être sûrs que la SNCF va rester publique y compris ses filiales. Est-ce que le gouvernement doit donner plus de garanties sur ce point ?

L'objectif de la mise en concurrence, ce n'est pas la privatisation. C'est l'idée d'avoir d'autres opérateurs alternatifs qui puissent venir sur le réseau. En particulier les petites lignes qui vont rester sous le contrôle des régions qui décideront de la qualité de service et du prix payer par les usagers. Je pense qu'aujourd'hui, effectivement, il y a un enjeu de confiance, mais je ne pense pas qu'il y ait de volonté de la part de l'Etat de privatiser la SNCF. Il n'y a pas de doute. L'ouverture à la concurrence va amener une meilleure qualité de service, une meilleure fréquence, une meilleure amplitude et une réduction du coût. Moi je peux vous garantir demain qu'avec des équipes plus responsables et plus autonome sur le terrain, ça nous permet d'avoir une meilleure qualité de service parce qu'on est au plus près des clients sur le terrain.

Thierry Mallet, président de l’UTP et PDG de Transdev, lundi 14 mai sur le plateau de franceinfo.
Thierry Mallet, président de l’UTP et PDG de Transdev, lundi 14 mai sur le plateau de franceinfo. (FRANCEINFO)