L'invité éco, France info

Dans l'emploi, "il faut que les seniors soient moins discriminés", assure François Beharel de Randstad France

Avec la réforme des retraites, que vont devenir les salariés les plus âgés ? Pour François Beharel, le président de Randstad en France, il faut leur "donner plus de place".

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François Beharel, le président de Randstad en France.
François Beharel, le président de Randstad en France. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le chômage recule. Environ 120 000 demandeurs d’emploi en moins l’an dernier (-3,3%), selon Pôle Emploi. Pour François Beharel, président de Randstad en France, invité éco de franceinfo lundi 27 janvier, l'un des leaders mondiaux de l’intérim et du recrutement, la situation est atypique : "L’intérim baisse et pour autant, l’activité de recrutement, en CDI, est en croissance. Ça montre que nos clients, les entreprises, ont un peu moins besoin d’intérim mais beaucoup plus de personnes qualifiées. Ils n’hésitent plus à basculer à l’embauche directement".

Le dirigeant observe néanmoins une "fragmentation" de l’emploi qui "s’accélère" : "Dès lors que vous êtes concerné par une pénurie, l’avenir s’améliore fortement par vous. Que vous soyez comptable, fraiseur, soudeur dans l’industrie, plaquiste, carreleur dans le bâtiment… Là, les entreprises ont un appétit très fort pour embaucher. À l’inverse, si vous êtes assez éloigné du marché de l’emploi, peu qualifié, là, ça s’aggrave plutôt". Pour lui, "le nœud gordien, c’est la formation".  

Emploi des seniors, le "vrai sujet"  

Et l’emploi des seniors ? Dans cette catégorie (les 50 ans et plus) le chômage recule, mais moins que pour le reste de la population (-2,1% sur un an).

Faut-il, alors, reculer l’âge pour une retraite à taux plein, comme le prévoit la réforme des retraites ? Oui, selon François Beharel, "mais à la condition sine qua non qu’on sache traiter en même temps le taux d’emploi. Formons [ces salariés] et donnons-leur plus de place".

Pour le patron de Randstad, "il fallait faire la réforme des retraites (…) mais le vrai sujet, c’est le taux d’emploi" des seniors. Il ajoute : "Il ne faudrait pas faire l’erreur de 2010. Quand l’âge est passé de 60 ans à 62 ans, qu’est-ce qu’on a vu ? Le taux d’emploi des 55-60 ans a baissé ! Il faut faire en sorte que les seniors soient moins discriminés".

Le dirigeant regrette l’attitude des employeurs : "Dans les entreprises, en général, le taux de formation des seniors est quatre fois moins important que l’ensemble des salariés". Selon lui, il y a bien "une forme de stéréotype".        

François Beharel, le président de Randstad en France.
François Beharel, le président de Randstad en France. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)