Pour l’économiste Thomas Piketty, "il y a une marche vers l’égalité"

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Dans son nouveau livre, l'économiste poursuit ses travaux sur les inégalités, mais en insistant cette fois sur les progrès de l'égalité depuis deux siècles : "Le progrès humain existe". 

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L'économiste et chercheur en sciences sociales Thomas Piketty invité de franceinfo le 13 septembre 2019 (RADIO FRANCE)

Thomas Piketty revient en librairie. L’auteur du best-seller mondial Le Capital au XXIème siècle vient de signer Une brève histoire de l’égalité, aux éditions du Seuil : "Je me suis rendu compte que finalement, la réalité sur le long terme, c’est qu’il y a une marche vers l’égalité".  

Le spécialiste des inégalités explique que "quand on rassemble tous ces matériaux historiques dans un grand nombre de pays depuis le XVIIIème siècle, on a cette évolution positive". Mais selon lui, "cette marche n’est pas terminée. Il y a toujours des privilèges et des puissances d’argent !" 

"Sortir du néocolonialisme"  

L’économiste pose deux jalons historiques : la Révolution française, bien sûr, en 1789, mais aussi la révolte des esclaves à Saint-Domingue, en 1791 : "Le développement d’un système colonial et esclavagiste a joué un rôle central dans la révolution industrielle. À la veille de la guerre civile étatsuniennes, les trois quarts du coton utilisés par l’industrie (…) proviennent du sud des États-Unis et des plantations esclavagistes".  

Dans son livre, Thomas Piketty appelle à "sortir du néocolonialisme". Un slogan ? Non, selon lui : "Il n’y aurait pas eu d’enrichissement des pays qui sont riches aujourd’hui sans les pays pauvres, sans ce système de division internationale du travail".  

Climat et économie : "L’opinion peut se retourner"  

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, estime que le monde est "sur un chemin catastrophique vers 2,7 degrés de réchauffement". Pour Thomas Piketty, cette situation est aussi un révélateur des inégalités : "Il faut savoir que le 1% de la planète qui émet le plus de carbone, émet plus de carbone que les 50% qui en émettent le moins, qui sont notamment dans les pays les plus pauvres et qui vont subir les conséquences des modes de vie des pays les plus riches. On a un cocktail explosif ".  

L’économiste en est convaincu : "L’opinion peut vraiment se retourner face à la mondialisation, face au système économique (…) Ça peut changer de façon très rapide…"  

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