L'interview éco, France info

Pierre Paris (Montagne d’Or) : "Le grand bénéficiaire de notre projet, c’est la Guyane"

Invité lundi de "L'interview éco" sur franceinfo, le président de la compagnie minière Montagne d'or, Pierre Paris, estime que le projet d'extraction de 85 tonnes d'or en Guyane serait un un tremplin économique.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Photo d\'illustration. Montagne d\'Or en Guyane.
Photo d'illustration. Montagne d'Or en Guyane. (GENDARMERIE NATIONALE)

"Le grand bénéficiaire de notre projet, c’est la Guyane", a déclaré lundi 9 juillet sur franceinfo Pierre Paris, le président de la compagnie minière Montagne d'or qui porte un projet d'extraction de 85 tonnes d'or en Guyane. Pour les opposants, c'est un désastre écologique et un mirage économique, mais selon Pierre Paris, ce serait surtout un "tremplin économique pour la Guyane", sans danger pour l'environnement.

franceinfo : Montagne D'or est au cœur de l'Amazonie, à côté d'une immense reserve naturelle. Comprenez-vous qu'on vous le reproche, d'autant que vous allez utiliser du cyanure ?

Pierre Paris : Il y a une dizaine d'années, une grande concertation a été organisée sur le territoire pour définir des zones à protéger et des zones qui peuvent être exploitées. La zone sur laquelle nous sommes est exploitées pour l'or depuis 140 ans, et elle est autorisée pour l'extraction minière. Nous sommes donc à proximité de deux réserves biologiques intégrales mais pas sur ces réserves. Concernant le cyanure, son utilisation pour extraire l'or est la méthode la plus efficace et qui permet un meilleur contrôle des rejets parce que le cyanure peut être détruit en fin de processus. Donc les résidus du processus minier ne contiennent plus de cyanure ou juste des traces. On a donc des niveaux très faibles et maîtrisables. Et on sera d'autant plus prudent, pour éviter les fuites par exemple, que l'or extrait est dans le cyanure et on ne veut pas perdre de l'or. On utilise des techniques sûres, utilisées un peu partout dans le monde, on travaillera en circuit fermé, le circuit est recyclé et les rejets du processus sont décyanurés. On est donc dans un processus qui protège l'environnement, la santé de nos employés, et celle de nos voisins.

Vous utilisez beaucoup l'argument de l'emploi pour les Guyannais, mais seront-ce des emplois durables ?

Nous prévoyons d'embaucher directement en exploitation 750 personnes dont plus de 90% de Guyanais, et pour cela nous mettons en place un système de formations. Mais une grande partie des compétences sont déjà disponibles car nous proposerons cinquante-sept métiers : la grande majorité ne sont pas spécifiques à la mine. Et ce ne sont pas des emplois temporaires : nous parlons de douze années d'exploitation minimum. Au-delà des 85 tonnes d'or, nous avons 150 tonnes de ressources donc on a des perspectives au-delà des douze ans. Il est quand même évident qu'au bout d'un moment la mine s'arrête, en revanche d'autres projets émergent sur le territoire, nos employés pourront retrouver des emplois dans ces nouvelles mines et pourront aussi travailler dans l'ensemble des filières économiques du territoire.

Le projet "Montagne d'or" que vous portez connaît de très nombreux détracteurs, et pourtant Emmanuel Macron vous a soutenu au début. Est-ce toujours le cas aujourd'hui ?

Oui, mais il a soumis un certain nombre d'exigences. L'important c'est de mettre en place un nouveau modèle de mine responsable qui a un impact minime pour l'environnement et des retombées maximisées pour le territoire. Et justement, ce projet est un projet minier moderne, avec énormément d'études qui ont été faites. Des études environnementales déjà, mais aussi d'ingénierie qui permettent de mettre en place des techniques pour extraire de manière efficace ces 85 tonnes d'or tout en ayant un impact minime sur l'environnement. C'est donc un projet équilibré qui va permettre des retombées économiques importantes pour le territoire. Il y a déjà un investissement de 782 millions d'euros qui bénéficiera pour une bonne part au territoire de la Guyane, 1 500 millions d'euros de dépenses d'exploitation sur douze ans et 420 millions d'euros d'impôts et taxes.

Vos détracteurs vous ont notamment reproché l'usage de l'argent public. Que répondez-vous à l'association WWF qui estime que grâce aux incitations fiscales, Montagne d'or coûterait 420 millions d'euros en dépense publique ?

Ils ont reconnu qu'ils avaient sérieusement extrapolé. Oui, nous espérons pouvoir bénéficier d'un crédit d'impôt, mais comme son nom l'indique, il faut bien payer de l'impôt pour bénéficier d'un crédit. Nous espérons donc un crédit de 177 millions d'euros, comme chaque entreprise investissant en Outre-mer peut en bénéficier. Il n'y a pas de subvention particulière pour notre projet. Si on regarde les retombées pour les douze ans minimum, c'est 3 milliards d'euros pour la Guyane et 630 millions d'euros pour nos actionnaires, donc à l'arrivée, le grand bénéficiaire de ce grand projet, c'est bien la Guyane et les Guyanais.

Photo d\'illustration. Montagne d\'Or en Guyane.
Photo d'illustration. Montagne d'Or en Guyane. (GENDARMERIE NATIONALE)